Auvergne : expérimentations tous azimuts

Publié le 21/02/2012 à 00H00
Réponses à la carte, référents, enquêtes Flash, renouvellement générationnel, pas un chantier n'échappe aux Auvergnats.
Auvergne : expérimentations tous azimuts
Auvergne : expérimentations tous azimuts
Réponses à la carte, référents, enquêtes Flash, renouvellement générationnel, pas un chantier n'échappe aux Auvergnats.

En Auvergne, innover, expérimenter, tester, ce n’est pas de la théorie, mais du concret, du vécu et déjà des résultats. Un régal pour Véronique Descacq, venue passer une journée à Clermont-Ferrand, le 3 février, dans le cadre des assemblées de militants. Abondamment questionnée sur l’actualité le matin par les 80 militants présents, la secrétaire nationale a pu entendre, l’après-midi durant, de nombreux témoignages. Tous attestent d’une union régionale qui a fait des chantiers d’évolution de l’organisation l’alpha et l’oméga de sa stratégie. « On n’a pas le choix, commente Claude Bost, le secrétaire général. Si l’on veut dynamiser la CFDT en Auvergne, il faut s’investir dans ces projets d’avenir ! »

Une région pionnière

La présentation des chantiers, selon une mécanique parfaitement huilée, a permis à tous d’en saisir et d’en illustrer les enjeux. Quatre temps, quatre chantiers, un pas de deux rythmé par les petits films réalisés par la Confédération qui donnent la parole à des militants d’autres régions. Puis Claude Bost lance un appel à témoins. Ici, ce n’est pas un hasard, on commence par l’expérimentation du service aux adhérents, « Réponses à la carte ». L’Auvergne est l’une des trois régions pionnières (avec Rhône-Alpes et le Nord-Pas-de-Calais) lancées depuis la mi-décembre dans cette expérimentation de renseignement téléphonique. Pionnière oui. Unanime pas tout à fait encore. Véronique, responsable du syndicat S3C, rappelle son opposition, dès le congrès de Tours, à ce service téléphonique. « Je suis postière et à La Poste, les centres d’appel on connaît. Ce sont des conditions de travail stressantes. »

La mesure du changement

Véronique Descacq prend le temps de rassurer. « Nous nous sommes déplacés chez le prestataire, nous avons regardé les contrats de travail. Les conseillers qui répondent à nos adhérents ont un cadre de travail agréable, ils sont tous en CDI, ce sont des personnes formées, qualifiées, spécialisées dans l’écoute et la reformulation. Ils n’ont rien à vendre. Les premiers retours dont nous disposons montrent qu’ils passent beaucoup de temps sur chaque appel. » D’autres expriment plutôt leur satisfaction, comme Catherine, de la branche Mutualité. « Il faut s’adapter aux entreprises. Ma mutuelle intervient sur 70 départements, tout le monde n’est pas dans une section syndicale, un syndicat. Ce service permet de répondre à ceux qui sont isolés. » 30% des adhérents sont dans ce cas en Auvergne. « Cela répond à un besoin » juge Patrick, d’Interco Puy-de-Dôme, tandis qu’Olivier, Santé-sociaux du Cantal apprécie que ce service «  soulage les petits syndicats, qui n’ont pas les moyens d’être partout ».

Enquêtes Flash, résultats à l'appui

On enchaîne. «  Accompagnement des militants », « Proximité avec les salariés », « Renouvellement générationnel ». Tel un chef d’orchestre, Claude passe la parole aux solistes qui pilotent les chantiers. Yolande recense les référents dans les quatre départements de la région. Il faut les suivre, les former. Valérie raconte le succès des enquêtes Flash auprès des salariés de l’artisanat. Dans le Cantal, le syndicat Santé a réussi à s’implanter dans trois établissements grâce à l’enquête fédérale, à proposer de nouvelles organisations d’horaires et de plannings, et en prime, a gagné de nouvelles voix CFDT aux élections. Thomas, lui, recense les jeunes militants qui assureront la relève. Service à l’adhérent, service aux sections, service aux syndicats… Tous ces chantiers font sens. L’Uri Auvergne en a pris la mesure.