« Repères » pour futurs responsables

Publié le 04/01/2012 à 00H00
La première séance de formation des futurs responsables de la CFDT Lorraine s'est tenue le 16 décembre 2011 à Nancy. L'occasion de débattre de la CFDT d'aujourd'hui... et de demain.
« Repères » pour futurs responsables
« Repères » pour futurs responsables
La première séance de formation des futurs responsables de la CFDT Lorraine s'est tenue le 16 décembre 2011 à Nancy. L'occasion de débattre de la CFDT d'aujourd'hui... et de demain.

Ils sont vingt autour de la table. Douze hommes, huit femmes, âgés de 29 à 53 ans, militants débutants ou de longue date, de tous les secteurs professionnels. Au regard de leurs attentes, la formation «Repères» des futurs responsables de la CFDT en Lorraine, qui a démarré le 16 décembre 2011 à Nancy, tombe à point nommé. Tous souhaitent «découvrir» ou mieux connaître la CFDT. Comment fonctionnent les structures interprofessionnelles et comment s’articulent-elles avec les structures professionnelles ? Quelles sont les valeurs de la CFDT ? Quelles sont ses revendications ? Autre demande, «avoir des outils de responsable», de la «méthode» : savoir gérer une structure, amener le débat, structurer un collectif syndical, animer une équipe, communiquer, déceler à leur tour des potentiels de futurs responsables…

Un parcours de formation

«Au cours de la formation, on va répondre à la majorité de vos attentes», assure Stéphane Vannson, responsable de l’UD Moselle. C’est dans un véritable parcours – de neuf jours répartis en quatre sessions sur six mois – que s’engagent les militants. «Durant les intersessions, vous serez amenés à rechercher des informations auprès des structures qui vous ont mandatés. C’est pourquoi chacun de vous s’est vu attribuer un tuteur, dont le rôle sera de vous épauler tout au long de votre parcours», complète Dominique Toussaint, responsable Formation à l’Uri Lorraine.

Inspirée d’un module qui existe en Pays de la Loire depuis plusieurs années, la formation est «une première» en Lorraine. «Elle ne se fait pas hors sol», se félicite le secrétaire régional. «Vous commencez votre parcours avant le congrès de l’Uri – qui se tiendra les 5 et 6 juin 2012 – et vous l’achèverez juste après. Vous allez avancer en même temps que nous, en lien avec l’évolution de l’organisation.» La CFDT Lorraine a en effet saisi à bras-le-corps les opportunités offertes par les expérimentations confédérales.

Le renouvellement des responsables en est un des éléments, crucial, souligne Alain Gatti, secrétaire général de l’Uri Lorraine : «20 % des adhérents lorrains et 60 % des responsables partiront en retraite d’ici à dix ans.» C’est donc bien «l’avenir de notre organisation» qui se joue là. Dans cette démarche – qui se veut pérenne – de renouvellement générationnel, la capacité à faire venir des jeunes, des femmes et des personnes issues de la diversité interpelle les militants présents.

Une question de pratiques

«Je suis à la CFDT depuis 1993 ; j’ai gravi tous les échelons un à un. Aujourd’hui, j’ai 53 ans. Quel est l’âge limite pour être responsable ?», questionne Thierry. «Il n’y a pas de sélection par l’âge», indique Alain Gatti. «Nous nous devons d’être représentatifs de la diversité du salariat, abonde Dominique Toussaint. Que l’on ait 53 ans ou 25 ans, cela devient un problème quand une classe d’âge est trop représentée, quelle qu’elle soit.»

«Sur les minorités visibles, c’est perdu», constate Joël, après un bref regard sur ses cosessionnaires. «La mixité est déjà problématique dans nos structures, la diversité encore plus, admet Alain Gatti. Alors soit on impose des quotas, mais on ne pense pas que c’est la bonne réponse ; soit chacun de nous, à son niveau – section, syndicat, union départementale et régionale –, adapte son mode de fonctionnement et ses pratiques pour permettre l’engagement de nouveaux militants.» Françoise le pense aussi : «On est surchargés de travail, et ça fait peur aux jeunes qui voudraient s’investir. Il faut que l’on réfléchisse à notre propre organisation du travail.» Selon Émilie, c’est un cercle vertueux qu’il s’agit d’enclencher : «J’ai deux enfants en bas âge. C’est compliqué : les réunions tardives, les réflexions machistes. En tant que femme, il faut s’imposer. Mais plus il y aura de femmes et plus ce sera facile.» Alain Gatti en est convaincu : «Il faut sortir du schéma où le bon responsable doit être un homme d’un certain âge qui a gravi tous les échelons. À nous d’agir !»