Le renouveau de l'engagement syndical - Le cas de la CFDT

Publié le 13/03/2007 (mis à jour le 06/12/2012)
Etude réalisée par Cécile Guillaume pour la CFDT dans le cadre de l'IRES. Présentation, synthèse et intégralité de l'étude
La CFDT a connu une période de désyndicalisation massive à la fin des années 70 qui s’est accélérée tout au long des années 80. Cela dit, depuis le début des années 90, elle a entrepris une démarche intensive de développement et enregistré entre 1990 et 2000, une croissance moyenne de son nombre d’adhérents de 5,5% par an. En dépit du ralentissement récent du développement syndical, elle a attiré, depuis plus de 10 ans, de nombreux « nouveaux militants », dont le profil s’est par ailleurs nettement diversifié.
 
Au-delà d’un souhait de contribuer à une morphologie réactualisée du tissu militant cédétiste, cette enquête vise à comprendre les ressorts d’un engagement qui a priori ne va pas de soi. Car s’il est bien un constat largement partagé par les salariés comme par les syndicalistes : le syndicalisme a mauvaise presse. Si le tissu associatif et les organisations humanitaires bénéficient d’une image attractive, les organisations syndicales traditionnelles souffrent de mauvaise réputation. Clientélisme, logiques d’appareil, corporatisme et défenses catégorielles, autant d’attributs qui viennent combler un déficit d’information évident sur le rôle des syndicats. Dans ce contexte, comment comprendre l’investissement des militants que nous avons rencontrés, investis parfois depuis des années dans leur section, leur syndicat et plus largement dans la CFDT ?
 
L’étude s’appuie sur l’analyse de 90 entretiens qualitatifs (récits de vie) conduits auprès de militants ayant pour la plupart des mandats dans leur entreprise (élu comité d’entreprise, délégué du personnel, élu CHSCT, délégué syndical) et/ou des responsabilités en structure. Cette génération de militants est entrée à la CFDT à une époque particulière de son histoire, marquée par l’affirmation d’un syndicalisme réformiste qui assume ses positions même quand elles sont minoritaires et l’expérience d’une succession de crises internes (1995 et 2003) qui verra la sortie de militants historiques. L’étude relève la centralité des dimensions professionnelles individuelles pour comprendre l’engagement syndical ainsi que l’hétérogénéité des coûts et des rétributions de cet engagement.