Employeurs et demandeurs d’emploi en activité : quelles relations, besoins et pratiques ?

Publié le 26/07/2016

Etude réalisée par Vanessa di Paola, Cathel Kornig, Stéphanie Moullet, Isabelle Recotillet (LEST) et financée par l’Agence d’objectifs de l’IRES.

 

Depuis le début des années 1990, les politiques publiques d’emploi des pays de l’OCDE suivent une logique d’activation des dépenses passives en direction des chômeurs. L’objectif majeur est de rendre plus attractif le retour à l’emploi. C’est ainsi qu’a été mis en place, en France en 1986, le mécanisme dit d’activité réduite, qui aspire à sécuriser leurs revenus d’une part. Et d’autre part à rendre incitatif le retour à l’emploi des demandeurs d’emploi, qu’ils perçoivent ou non une allocation de retour à l’emploi. Depuis sa création, le nombre de demandeurs d’emploi en activité a fortement augmenté. Il a été multiplié par deux entre 1995 et 2011. Peu d’études éclairent la question des externalités produites par le régime lui-même. Autrement dit, ces études s’interrogent peu sur l’appropriation par les individus et les entreprises de la connaissance de l’indemnisation du chômage. Aussi, le mécanisme de cumul pourrait-il contribuer au développement des formes flexibles d’emploi ? Permet-il aux employeurs de recruter une main d’œuvre à la fois disponible, peu coûteuse, et incitée à occuper ce type d’emplois ? Cette problématique reste un angle mort dans les études existantes. C’est ce qui a motivé la réalisation de cette étude. Elle questionne un mécanisme d’intéressement à l’emploi pensé pour les demandeurs d’emploi, mais sans intégrer la responsabilité des employeurs. Cela permet d’interroger le rôle et la place des employeurs dans ce phénomène croissant de reprise d’activité. Existe-t-il un lien entre ce mécanisme et des pratiques de recrutement des entreprises ? Le développement des contrats courts trouve-t-il pour partie son origine dans la forme actuelle du régime d’assurance chômage ? Le régime actuel de cumul allocation-salaire est-il à même de modifier l’acceptabilité de conditions d’emploi moins favorables pour les demandeurs d’emploi ? Et peut-il avoir un effet sur la qualité de l’emploi ?