Adhérents et militants de la CFDT : Quel(s) rapport(s) à la lecture de la presse syndicale ?

Publié le 09/03/2007 (mis à jour le 06/12/2012)
Etude réalisée par la CFDT dans le cadre de l'IRES. Présentation, synthèe et intégralité de l'étude.
Etudier le lectorat de la CFDT, en cherchant à cerner le rapport à la lecture de la presse syndicale de la CFDT chez ses adhérents et ses militants relevait d’un projet inscrit au plan de travail 2003-2006, dans le chapitre «Anticiper l’évolution de notre logistique». La recherche d’une optimisation ou d’une meilleure efficacité des dispositifs d’information syndicale existants s’est fait jour au sein des structures de la CFDT. Cette question occupe bientôt une place importante dans les débats internes Les travaux d’un groupe de travail issu du Bureau National allaient s’appuyer sur une enquête quantitative menée en 2002 auprès d’un échantillon représentatif du lectorat de la CFDT, c'est-à-dire 1309 adhérents et militants, tous abonnés à CFDT Magazine. L’enquête apporte des éléments de connaissance sur les adhérents et militants de la CFDT, au travers du prisme de leur rapport à la lecture de la presse syndicale de la CFDT Elle s’appuie sur un échantillonnage systématique aléatoire au sein du Fichier National des Adhérents (FNA). L’administration des questionnaires s’est effectuée par voie postale. Le traitement et l’analyse des données ont eu lieu sur la période de mars à septembre 2002. La structure de l’échantillon final des 1309 questionnaires retournés reflète bien celle du fichier d’extraction du FNA, à quelques exceptions près : il existe une légère sous-représentation des affiliés à la fédération des Services et à la FGTE, des cadres et dans une moindre mesure des femmes. Globalement, une sous-représentation des « moins qualifiés » traduit le fait que les personnes les plus éloignées de la lecture ont moins participé à l’enquête.
 
L’échantillon recouvre tout de même des personnes qui lisent peu ou pas du tout la presse syndicale. Le rapport présente une typologie issue d’une exploration multidimensionnelle et d’une classification des données d’enquête qui révèlent des conceptions et des pratiques de la lecture de la presse syndicale variées, tout en indiquant diverses attentes des cédétistes par rapport à l’information syndicale. La classification des données fait apparaître une typologie du lectorat en 6 classes d’individus qui traduisent des rapports à la lecture de la presse syndicale différenciés :
  1. Une lecture centrée sur le secteur professionnel et les informations pratiques.
  2. Une lecture pour l’action syndicale.
  3. Une lecture tournée vers la réflexion personnelle
  4. Une lecture d’informations sociétales et pratiques auto-centrée..
  5. Une faible lecture de la presse syndicale.
  6. Une lecture étendue et variée.
 
Contre toute attente, le fait d’être investi de mandats ou responsabilités syndicales ou non influe relativement peu sur les pratiques de lecture de la presse syndicale, sur les attentes et sur le rapport global à la lecture de la presse syndicale de la CFDT. Il n’existe donc pas deux publics de lecteurs aux attentes éloignées, voire divergentes : les « mandatés » (militants) d’un côté et les « non mandatés » (adhérents sans mandat ou responsabilité syndicale) de l’autre. L’enquête montre que les sujets lus et les attentes des mandatés et des non mandatés présentent des similarités. Pour autant, leurs attentes ne diffèrent-elles pas moins au regard des sujets que des modes de traitement de ces sujets ?
 
Le genre n’influence pas le rapport à la lecture de la presse syndicale, alors qu’il influe sensiblement sur le rapport à la lecture de la presse magazine. Des différences s’observent en revanche en fonction de l’âge qui peuvent s’interpréter de deux façons : Il peut aussi s’agir d’un effet générationnel. Il est aussi probable que le rapport à la lecture de la presse syndicale ne soit pas figé dans le temps, mais puisse évoluer aux différents âges de la vie et au cours du parcours syndical. Effet de parcours et effet générationnel peuvent aussi se combiner. La catégorie socioprofessionnelle fortement corrélée à la variable du diplôme joue un rôle moins déterminant que celle-ci sur le rapport à la lecture de la presse syndicale. Il existe des différences significatives de pratiques de lecture et d’attentes entre les enquêtés issus du secteur privé et ceux travaillant dans le secteur public. La sociologie future des adhérents de la CFDT est susceptible de remodeler le lectorat et ses attentes, notamment au travers de l’augmentation du nombre d’adhérents issus du secteur privé. Au final, la question de l’articulation des différents supports de presse et médias apparaît désormais stratégique pour l’organisation syndicale.