Prix et accès aux traitements médicamenteux innovants

Publié le 27/01/2017 (mis à jour le 20/03/2017)

Les constats et questionnements posés dans cet avis sont déjà débattus dans l’opinion publique et le CESE par sa composition et au regard de son projet se devait d’y apporter sa contribution. Cet avis que la CFDT a voté, suppose des choix et des actes éminemment politiques, qui au-delà des considérations morales, donneraient à lire que le progrès est encore au service de l’intérêt général.

 

Des constats sont partagés  :

 

  • le marché mondialisé de l’industrie pharmaceutique se porte bien et fait le bonheur de ses actionnaires.
  • Cette industrie pourvoit au maintien voire à la création d’emplois, et participe à la recherche et au développement en suppléant souvent aux carences d’investissement des Etats dans la recherche publique. Elle joue donc une rôle majeur dans le développementde la santé publique mais ces éléments la place en position dominante lors des négociations avec les pouvoirs publics.
  • Sa finalité qui consiste à proposer des traitements pour soigner efficacement les maladies est interrogée sur le plan éthique lorsque le prix des médicaments proposés est tel qu’il en réduit fortement l’accès.
  • Les prix exorbitants demandés pour le traitement de l’hépatite C et certains traitements innovants pour le cancer ont été les détonateurs permettant enfin que ces questions s’invitent dans le débat public un peu partout, et fort heureusement aussi en France.
  • Alors que nous sommes dans un contexte budgétaire contraint, pourrons-nous encore longtemps garantir à tous les patients l’accès aux traitements innovants qui arrivent ou arriveront sur le marché sans renoncer à l’égalité de l’accès à ces traitement par la  prise en charge par  les régimes obligatoires d’Assurance Maladie?  On en conviendra cette question est lourde de sens sur la plan du contrat social.

La question morale de cette problématique est un écueil qui peut cristalliser les débats et parfois notre section n’y a pas échappé.

L’indignation est nécessaire et tout à fait légitime, face aux dérives d’un libéralisme débridé qui s’autorise tous les excès dans un registre douloureux : celui de la maladie, la sienne ou celle d’un proche.

 

Les préconisations, tout en réaffirmant le droit de tout individu  à la santé et aux soins et notre refus du choix d’un système utilitariste qui sélectionne les patients,  essayent d’aller plus loin dans la recherche de solutions, traduisant in fine nos principes de solidarité et d’égalité face à la maladie.

 

  • Il est ainsi indispensable de favoriser toutes les pistes ouvrant la voie à une plus grande transparence dans les négociations et les arbitrages financiers ainsi que dans les instances de régulation du médicament.
  • Il est primordial, de favoriser des évaluations en vie réelle de l’efficacité des médicaments coûteux, et, au regard des résultats, de pouvoir réviser les prix. Les pouvoirs publics via la Cour des Comptes par exemple doivent également  être à l’initiative d’études prospectives.
  • Et, parce que le marché est mondialisé, les évolutions et initiatives préconisées en Europe et à l’International doivent être impulsées et soutenues.