Les fermes aquacoles marines et continentales : enjeux et conditions d'un développement durable réussi

Publié le 13/06/2017 (mis à jour le 26/04/2018)

Bien qu’elle ne représente que 0,2 % de la production mondiale, l'aquaculture constitue le secteur alimentaire à la croissance la plus rapide au monde, avec un taux de croissance global de 11 % par an depuis 1984. Le potentiel de cette filière n’est plus à démontrer, mais la question des conditions de sa durabilité continue de se poser en France comme à l’international.

Cet avis est important pour ce qu’il présente de permanences dans les enjeux économiques, sociaux et environnementaux du secteur agricole, et pour ce qu’il apporte de spécificités liées au milieu aquatique, fragile, vital et aux enjeux considérables. Il est également révélateur de la difficulté dans notre pays à organiser les interfaces et les transversalités.

Les milieux aquatiques et littoraux ont pour particularité leur très grande fragilité. Le développement de l’aquaculture ne sera possible et souhaitable qu’en renforçant les mesures visant à l’amélioration de la qualité des eaux, et en s’assurant que ces productions ne perturbent pas elles-mêmes les milieux naturels. L’avis présente plusieurs préconisations dans ce sens, que partage la CFDT, en insistant sur la nécessaire approche écosystémique, qui doit s’attacher aux finalités et à la cohérence des actions menées. De telles exigences sont essentielles dans cette période où il est urgent d’anticiper les impacts du dérèglement climatique.

Enfin, cet avis illustre à travers l’aquaculture, la difficulté des acteurs publics à assurer une stratégie et un pilotage efficace d’une filière qui se situe à l’interface entre les milieux terrestres et marins. Au-delà de la question du périmètre d’un ministère de tutelle, c’est la cohérence des politiques publiques et l’implication des acteurs des filières, au niveau européen, national et régional qui permettront aux filières aquacoles de se développer dans un pays qui compte plus de 18000 km de côtes et 11 millions de km² d’espace maritime, ce qui offre des potentialités considérables à ce développement.