Le rapport annuel sur l'état de la France 2017 : réconcilier la France

Publié le 23/05/2017 (mis à jour le 21/12/2017)

Le traditionnel rapport annuel sur l’état de la France rendu par le Conseil économique, social et environnement a été adopté le 23 mai à l’unanimité de ses membres. Pour la deuxième année, ce rapport est basé sur l’analyse des « nouveaux indicateurs de richesses », élaborés par le CESE en lien avec France Stratégie, complémentaires au PIB. Un focus traite utilement des inégalités.

Pour la CFDT, l’augmentation des inégalités est ce qui menace le plus gravement la cohésion sociale. Ces inégalités sont multiples : inégalités entre femmes et hommes, entre générations, selon l’origine, la couleur de peau, entre territoires, inégalités qui portent sur les revenus, l’emploi, l’école, etc. Elles se cumulent, s’agrègent sous différentes formes, génèrent un sentiment de déclassement, et ce sont les plus pauvres qui cumulent le plus d’inégalités.

Ce phénomène d’accroissement des inégalités, notre modèle ne parvient pas à l’endiguer, même s’il est moins marqué que dans les pays anglo-saxons, grâce à la redistribution et à notre filet social. Les plus riches continuent de s’enrichir. Les catégories moyennes voient depuis 2008 leur niveau de vie stagner, marquant une rupture avec une « ascension sociale » à laquelle elles espéraient accéder.

Enfin, les plus démunis, malgré d’importants moyens déployés, doutent des volontés politiques et de l’efficacité des mesures prises. Le rapport pointe la nécessité de réduire les différences de revenus primaires, en luttant, par exemple, contre la pauvreté chez les jeunes et les familles monoparentales.

Au-delà de ces aspects, il souligne l’importance de l’école dans une de ses fonctions essentielles : éviter la reproduction intergénérationnelle des inégalités. Or, la France fait partie des pays de l’OCDE où l’écart entre les résultats scolaires est le plus marqué en fonction du statut social des parents et de leur lieu d’habitation. Notre système éducatif doit assurer à toutes et à tous les moyens de leur émancipation. La CFDT partage pleinement la préconisation de renforcer la priorité à l’école primaire.

Les inégalités de genre perdurent et sont détaillées, même si la CFDT regrette que l’avis n’insiste pas plus sur les discriminations dont sont victimes les femmes, liées notamment au sexisme et stéréotypes de genre.

La CFDT souhaite que les instances publiques se saisissent de cet avis et des propositions qu’il avance.