La politique européenne de transport maritime au regard des enjeux de développement durable et des engagements climat

Publié le 12/04/2017 (mis à jour le 21/12/2017)

L’avis du CESE sur la politique européenne de transport maritime a été l’occasion de réfléchir au rôle de l’Europe, souvent remise en cause. Pour la CFDT, l’Europe n’est pas le problème, mais il faut dans ce domaine comme dans d’autres travailler à ce qu’elle soit réellement la solution. Plutôt qu’en dérégulant les services portuaires, c’est en garantissant une mise en œuvre effective d’un socle commun de droits sociaux et de règles environnementales que l’Europe sera à la hauteur de ses ambitions.

L’Union européenne a défini une stratégie offensive sur le transport maritime et est en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique et les pollutions marines, de même sur la mise en œuvre de la convention maritime de l’OIT. Elle a créé une Agence de sécurité maritime qui fait référence. Comparée aux autres régions du monde, elle est un modèle.

Pourtant, c’est la même Europe qui tolère que les règles claires qu’elle édicte soient bafouées par trop d’États membres. S’il faut dénoncer ces États et la France elle-même, qui n’est pas irréprochable avec ses « pavillons bis » comme celui des Kerguelen, il nous faut aussi comprendre les mécanismes qui conduisent à cette situation pour mieux y porter remède.

En se saisissant de la question du transport maritime, le CESE touche à ses trois composantes. L’économique d’abord, puisque avec un chiffre d’affaires annuel de 145 milliards d’euros et 640 000 emplois directs, le transport maritime européen représente 40 % du tonnage mondial. L’environnemental ensuite : le transport maritime est de loin le plus propre à la tonne/kilomètre. Pourtant, il rejette 1 milliard de tonnes de CO² par an (chiffre d’ailleurs en forte augmentation) et la filière n’a pas pris d’engagement de réduction de ses émissions à la suite de la COP 21, sans parler des pollutions volontaires ou accidentelles. Le social enfin, avec l’exploitation de marins venant de pays à bas coûts parfois au mépris de la dignité humaine. Même à salaire égal, quand c’est le cas, le temps de travail, les conditions de travail et de vie sur le bateau et la couverture sociale sont toujours au désavantage des salariés les plus faibles.

L’avis propose des solutions équilibrées et réalistes dans ces trois domaines, qui ont conduit la CFDT à le voter.