Défense nationale : un incontournable enjeu de société

Publié le 03/02/2014 (mis à jour le 05/02/2014)

Vendredi 31 janvier, au Conseil économique, social et environnemental (Cese), syndicalistes, militaires de haut rang et hauts fonctionnaires étaient réunis pour un colloque à l’initiative de la CFDT afin d’échanger sur le thème "Stratégies de défense, des choix de société".

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      Laurent Berger : "La Défense concerne
l’ensemble de la société
"
     

Comme l’a relevé Laurent Berger, « nombreux furent ceux qui ont été intrigués que la CFDT organise une telle journée. Mais la défense ne se limite pas à une question militaire, elle concerne l’ensemble de la société. C’est pour cette raison que le CFDT est depuis longtemps engagée dans le renforcement du lien armée-nation ».

Un droit de regard sur les aspects géostratégiques

Luc Scappini, le secrétaire général de la CFDT-Défense, ne dit pas autre chose lors de la table ronde consacrée aux « Regards sur l’avenir de la défense française », en rappelant que « la CFDT-Défense a étonné tous ses interlocuteurs en demandant à être auditionnée sur l’ensemble des sujets touchant à la défense nationale, et pas uniquement sur les aspects ressources humaines, à l’instar des autres organisations syndicales, lors du travail préparatoire à la rédaction du Livre blanc – Défense et sécurité nationale, 2013, rendu public au printemps dernier, mais également sur les aspects géostratégiques ».

De même, tous les intervenants à la table ronde, Patricia Adam, la présidente de la Commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale, comme les représentants de l’état-major des armées et de la DGA (Direction générale de l’armement), assurent qu’« il n’y a pas de défense crédible sans adhésion de l’ensemble des citoyens à un projet commun ».

Poursuivre les missions avec des effectifs réduits…

D’autant plus, ajoute Patricia Adam, qu’« il n’y a pas plus d’ennemis aux frontières de l’Hexagone, phénomène en soi positif, qui, couplé à la professionnalisation depuis quinze ans, a entraîné des mesures très dures en termes d’effectifs ». Comme l’explique le général André Lanata, le Livre blanc impose 23 000 suppressions de postes d’ici à 2019, après les 54 000 déjà prévus par le précédent Livre blanc pour la période?2008-2013 (et dont 10 000 n’ont pas encore eu lieu).

Quelque 165 000 emplois directs issus de la défense

    14 01 31 Luc Scappini© Thierry Nectoux        
    Pour Luc Scappini, "la défense n’attire plus
les jeunes comme par le passé
"
       

Au-delà de ces suppressions de postes qui, de l’aveu de la présidente de la commission précitée, nécessitent un renforcement de la qualité du dialogue social au sein du ministère de la Défense, et de la concertation avec les militaires, Jean-Pierre Devaux, le directeur de la stratégie à la DGA insiste sur les 165 000 emplois directs issus de la Défense ; la plupart dans les PME-PMI de très haute technicité, donc peu délocalisables. Et d’ajouter que « le ministère de la Défense assure à lui seul 10 % de l’ensemble du financement français en termes de recherche et développement ». Tout en partageant cette analyse, Luc Scappini met tout de même en garde sur le fait que « la défense n’attire plus les jeunes comme par le passé, ce qui, à terme, pose le problème du remplacement des effectifs mais également celui de la fuite des cerveaux, qui peut mettre en péril le rôle et l’action de la DGA ».

Témoin privilégié de ces échanges, Kader Arif, le ministre délégué aux Anciens combattants, qui représentait le ministre de la Défense, a rendu hommage à l’initiative de la CFDT, seule organisation syndicale en capacité d’organiser une telle journée.

nballot@cfdt.fr

photo : © Thierry Nectoux / Regard social