Défense nationale : l'énergie, un enjeu stratégique

Publié le 03/02/2014 (mis à jour le 05/02/2014)

Pour l’économie en général et pour la stratégie de défense en particulier, l’énergie représente un enjeu primordial.

Dans le cadre de la table ronde du 31 janvier dernier au Cese intitulée « Énergie : facteur clé du bouleversement des cartes… et des armées ? », Nicolas Mazzuchi, chercheur à l’Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), a analysé la progression du marché mondial et souligné la nécessité pour tout pays ayant la prétention de se projeter militairement sur un théâtre d’opérations de posséder un potentiel énergétique de qualité : « La France est relativement indépendante grâce au nucléaire, alors que l’Allemagne dépend du gaz russe. »

La question des ressources énergétiques

Poursuivant sur la même ligne, Christophe-Alexandre Paillard, adjoint au directeur des Affaires stratégiques au ministère de la Défense, détaille quatre aspects déterminants : l’analyse et la collecte de renseignements ; la mission de sécurité des infrastructures ; la recherche et le développement ; la coopération internationale. Sa démonstration se fonde sur en quelques constats. Selon lui, les ressources pétrolières du Moyen-Orient se trouvent dans une zone instable, ce qui décourage les investisseurs. Si bien que l’on doit s’attendre à des crises sociales dans les pays du monde arabe, alors que les puissances émergentes vont progresser encore.

Action syndicale et besoin de défense

   14 01 31 JF Renucci © Thierry Nectoux   
       

Aux yeux des militaires, l’énergie, notamment le pétrole, constitue une condition logistique essentielle à la présence de troupes françaises dans des pays au climat parfois rude. « La climatisation en Afghanistan, la réfrigération des repas sont des impératifs afin que les soldats puissent remplir leur mission. Et ces besoins en énergie coûtent très cher ! », note Christophe-Alexandre Paillard.

Jean-François Renucci, secrétaire général de la Fédération chimie-énergie de la CFDT, a fait le lien entre action syndicale et besoin de défense nationale. Le rôle du syndicat réside dans la défense des salariés, mais il faut aussi protéger 1 200 sites haut risque en France – à la fois outils de travail et instruments nécessaires à la sécurité et à l’indépendance du pays.

hisrael@cfdt.fr

photo : © Thierry Nectoux / Regard Social