La CFDT tiendra sa place dans la lutte contre la pauvreté

Publié le 14/01/2013 (mis à jour le 15/01/2013)
Au-delà des premières mesures annoncées à l’issue de la Conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, ses travaux ont été l’occasion d’explorer toutes les pistes afin d’améliorer la situation des 8,6 millions de personnes pauvres en France.

À l’issue de la Conférence contre la pauvreté qui s’est déroulée au Conseil économique, social et environnemental (Cese) à Paris les 10 et 11 décembre, Jean-Marc Ayrault a présenté les grandes orientations du futur plan pluriannuel contre la pauvreté. Le Premier ministre a annoncé une hausse de 10 % sur cinq ans du RSA-socle, qui s’ajoutera à la revalorisation automatique liée à l’inflation, à partir de septembre 2013. Le RSA-socle s’élève à 475 euros pour un célibataire sans enfants, et le RSA-activité est en moyenne de 170 euros. « Les départements [qui versent le RSA] feront l’objet d’une compensation intégrale », a-t-il précisé. Le Premier ministre a également déclaré vouloir engager une réforme du RSA-activité, « qui n’a pas atteint ses objectifs », et de la prime pour l’emploi dès le premier trimestre 2013. Combler le « gouffre du non-recours » (68 % des bénéficiaires potentiels du RSA-activité ne le demandent pas) fera partie des priorités ; des campagnes d’information auprès des ­publics potentiellement concernés seront menées lors du premier trimestre prochain. Pour les jeunes « décrocheurs » en difficulté, le Premier ministre propose la mise en place d’un dispositif s’appuyant sur l’actuel Civis (contrat d’insertion dans la vie sociale) : le jeune bénéficiera d’un contrat d’insertion d’un an renouvelable signé avec le service public de l’emploi, comprenant des périodes de formation et d’emploi, assorti d’une allocation RSA-socle (450 euros par mois) entre deux périodes d’emploi. Le jeune sera accompagné par un travailleur social ou un agent du service public de l’emploi. Une expérimentation sera lancée dans dix territoires à partir de septembre 2013 et devrait concerner 100 000 jeunes. Le plan pluriannuel, élaboré sur la base des rapports émanant des différents groupes de travail, sera présenté le 22 janvier au tout nouveau comité interministériel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion.

À l’ouverture de la conférence, le 10 décembre, la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, a rappelé l’aggravation et la persistance de la pauvreté. Elle a précisé que 14,1 % de la population est touchée, un taux qui « à lui seul claque comme une gifle ». « 3,5 millions de personnes sont mal logées, un Français sur cinq renonce aux soins, 800 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire », a-t-elle martelé. La volonté du gouvernement est de changer de méthode et de regard sur la pauvreté, d’en finir avec « le discours stigmatisant qui a été la règle ces dernières années ».

S’attaquer à la pauvreté de différentes façons
Le choix a été fait de s’attaquer à la pauvreté sous différents angles : logement, famille, accès aux soins, minima sociaux, surendettement, gouvernance des politiques de solidarité et, bien entendu, emploi et formation professionnelle. Des groupes de travail spécialisés dans ces sept thématiques (lire les sept modules ci-dessous), constitués d’une vingtaine d’experts (associations, partenaires sociaux…) se sont réunis à plusieurs reprises dans le dessein d’élaborer des pistes de solution. « La CFDT a participé à tous les ateliers des 10 et 11 décembre, et a fait partie du groupe de travail préparatoire sur l’emploi, explique la secrétaire confédérale Chantal Richard. Nous avons pu faire entendre toutes nos propositions ! »

Marie-Nadine Eltchaninoff