[Vidéo] Laurent Berger présente les enjeux du congrès de Marseille

Publié le 16/05/2014

Le 48e congrès de la CFDT se déroulera à Marseille du 2 au 6 juin 2014. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, expose les enjeux de ce moment phare dans la vie de l'organisation.

      
    Laurent Berger en vidéo   

Quel est l’enjeu principal du 48e congrès de la CFDT, qui se tient du 2 au 6 juin à Marseille ?

Le principal enjeu du congrès, c’est de placer la CFDT au carrefour de ce que sont les défis posés au syndicalisme. C’est la capacité à répondre aux problèmes actuels des salariés, à l’urgence sociale. Il s’agit aussi de traiter les questions d’avenir en dessinant un autre modèle de développement, davantage fondé sur la qualité : transition écologique, transitions professionnelles, transition économique.

Le congrès, ce sont 2 500 délégués engagés dans cinq jours de débats. Qu’en attends-tu ?

Je souhaite d’abord que ce congrès soit, pour ceux qui y participent et ceux qui nous regarderont sur internet, un moment riche, avec du contenu, avec du débat, un moment de convivialité. Je souhaite qu’à l’issue du congrès, on ait une CFDT forte, unie, qui réaffirme son besoin de s’appuyer sur ses militants, dans les entreprises et les administrations. Je souhaite une feuille de route précise pour ces quatre années, avec du sens, une recherche de résultats, des objectifs de mobilisation pour qu’un maximum de salariés nous rejoignent. La syndicalisation est un enjeu fondamental, notamment en direction des jeunes. Je souhaite d’ailleurs qu’il y ait une équipe renouvelée, mixte, paritaire, qui dirige la CFDT à travers la commission exécutive et un Bureau national qui soit fort.

La CFDT célèbre à cette occasion les cinquante ans de sa déconfessionnalisation et en profite pour réactualiser ses statuts. Pourquoi ?

Les statuts actuels de la CFDT sont notre héritage, celui de la déconfessionnalisation, en 1964, de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) devenue Confédération française démocratique du travail (CFDT). Ce changement avait pour ambition principale d’adapter notre syndicalisme à une période. En adoptant un nouveau nom et ses statuts, l’organisation visait à répondre aux enjeux posés à tous les salariés, quelle que soit leur origine. Cinquante ans plus tard, nous avons souhaité faire évoluer les statuts non pas pour changer les fondamentaux, mais intégrer des notions nouvelles comme la question environnementale. Il n’y a pas de changement de nos valeurs et de nos pratiques. Mais nous avons voulu le faire parce que nous voulons incarner un syndicalisme moderne, qui réponde aux préoccupations, aux souhaits, aux attentes des salariés d’aujourd’hui.

Nous devons Répondre aux attentes des salariés d’aujourd’hui.

On connaît les difficultés du syndicalisme face au morcellement des collectifs de travail, à l’intensification de celui-ci, à un contexte économique incertain. Quels seront les moyens d’action des syndicats pour mettre en œuvre la feuille de route ?

Au cours des quatre années écoulées, nous avons souhaité expérimenter de nouvelles pratiques, de nouveaux fonctionnements. Nous avions dit à Tours que nous le faisions sans toucher aux structures. La structure politique de base de la CFDT, c’est – et ça demeurera – le syndicat. Mais nous leur devons un peu plus de moyens et d’accompagnement. C’est d’abord tout ce qui est apporté en termes d’accompagnement des militants et de leurs pratiques : outils, rassemblements d’élus, correspondants de section, formation syndicale, négociation de protocoles d’accord préélectoraux, etc. Mais nous souhaitons aussi aider davantage les syndicats, notamment dans leur proximité avec les salariés. L’évolution des règles de la Cnas permettra ainsi que quand les syndicats s’engagent dans des pratiques nouvelles de proximité avec les salariés, ils aient des moyens dédiés. Enfin, la Confédération, les fédérations, les unions régionales doivent encore davantage se mettre au service des syndicats et des équipes syndicales, parce que plus que jamais, la CFDT et son efficacité s’incarnent sur le terrain, dans les entreprises et les administrations, grâce à des militants engagés.

La période actuelle est incertaine sur les plans politique, économique, social. Cela ne percute-t-il pas la définition d’une feuille de route pour les quatre ans à venir ?

Plus que jamais, la CFDT doit dire quels sont le sens de l’action et l’utilité du syndicalisme. Or l’utilité de la CFDT, c’est d’apporter des résultats concrets aux salariés, aussi bien du privé que du public : sur l’emploi, sur les conditions de travail, sur les salaires, sur la protection sociale. Il faut donc se redire le sens de notre action, mais aussi quel type de pratiques syndicales nous mettons en place pour répondre à ces défis-là. Très clairement, cela veut dire davantage de proximité, d’écoute des salariés et d’engagement. L’engagement, c’est un risque, mais la période ne nous donne pas d’autre choix que d’incarner un syndicalisme engagé.

Propos recueillis par aseigne@cfdt.fr