Travailleurs saisonniers d’hiver : les employeurs trop souvent hors-piste

Publié le 21/12/2018

Cuisinier, serveur, conducteur de télésiège… Dans les stations de sports d’hiver, de nombreux emplois restent à pourvoir alors que la saison a déjà démarré. Hôtellerie, restauration ou encore animation, les professionnels du tourisme peinent à recruter des travailleurs saisonniers.

Pour Inès Minin, secrétaire nationale de la CFDT, les raisons de cette pénurie sont évidentes : « les employeurs ne s’interrogent pas sur la dureté des métiers. Ils ne se préoccupent pas non plus de la sécurisation des parcours professionnels de ces travailleurs et ne veulent pas repenser leurs pratiques managériales ». Des facteurs qui s’ajoutent aux maux chroniques du secteur : non-paiement des heures supplémentaires, non-respect des temps de repos ou modifications répétées des plannings de travail. Résultat ? « Les travailleurs saisonniers ne se bousculent plus pour faire la saison d’hiver » témoigne Grégory Martin, le secrétaire général de la CFDT Occitanie. Le travail des saisonniers souffre d’un cruel manque de reconnaissance « certains patrons ont longtemps considérer que les jeunes qui venaient bosser étaient malléables. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Ils ne veulent plus se faire avoir, ils s’interrogent sur leur droit, leur condition de travail et leur salaire » poursuit Inès Minin. Des rémunérations, souvent basses, qui n’incitent pas les potentiels postulants à déposer une candidature. « A quoi bon travailler, si avec le cout du logement, du stationnement et des courses, je dépense plus que ce que je ne gagne ? », s’interroge Grégory Martin. « Un salaire, en général, le Smic, pas plus, qui ne compense pas ses trois fondamentaux. Ça revient à payer pour travailler ! ».  Le responsable régional se souvient encore de l’histoire d’un saisonnier, « ce jeune a passé un hiver à dormir dans sa voiture parce que la location d’une chambre lui coutait plus cher que le salaire qu’il touchait ! ».

Les collectivités territoriales ont aussi un rôle à jouer « des places de parkings gratuites pourraient être mises à disposition des saisonniers. Des logements à loyers modérés également ». Certaines municipalités commencent à engager des actions dans ce sens. Des solutions existent donc. La CFDT continuera à agir auprès des différents acteurs pour faire entendre ses propositions. Pour Inès Minin, le remède est simple « le patronat de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration doit rendre attractif ses emplois. Cela passe par un véritable dialogue social sur la situation des travailleurs saisonniers ».

glefevre@cfdt.fr