Travail du dimanche : un accord encadre le volontariat à la Fnac

Publié le 04/12/2013

Si le travail du dimanche est revenu au cœur de l’actualité ces derniers jours, il a toujours été une préoccupation pour les équipes CFDT. Exemple avec la Fnac, où un accord signé en 2010 a instauré un volontariat effectivement encadré et des contreparties pour les salariés.

« Traditionnellement, la Fnac a toujours ouvert ses magasins trois ou quatre dimanches par an pendant la période de Noël, se souvient Pascale Morel, déléguée syndicale centrale CFDT. Avec des contreparties : salaire double et repos équivalent au temps travaillé. »

Pascale MOREL-UD 92
Pascale Morel, DSC CFDT de la Fnac

Mais voilà, en 2009, le site de La Défense est classé zone touristique, ce qui permet aux enseignes d’ouvrir tout au long du week-end. Le travail dominical s’impose pour la Fnac du Cnit. Sans que la direction puisse garantir, 52 dimanches par an, les mêmes contreparties pour les salariés. Le combat de la CFDT porte alors sur les conditions du travail du dimanche. Un premier accord est signé pour une durée déterminée. Durant cette période, la section CFDT recueille l’opinion des salariés, leur avis, les blocages qu’ils rencontrent… Beaucoup avaient peur que la direction leur impose de travailler le dimanche.

Le volontariat est effectivement encadré

« La négociation a été difficile, car l’entreprise considère que l’organisation du travail c’est son affaire, raconte Pascale. Il fallait faire en sorte de satisfaire tous les salariés, ceux refusant de travailler le dimanche et ceux l’acceptant tout en voulant concilier leur vie professionnelle avec leur vie privée. Cela nécessitait un système de volontariat bien encadré. »
En 2010, la CFDT signe un nouvel accord. Les salariés qui acceptent de travailler le dimanche doivent être volontaires et restent payés double. Le texte leur garantit le choix du jour de repos de remplacement et la possibilité de se rétracter dans certaines circonstances. Le volontariat est effectivement encadré : le salarié s’engage par écrit, sur une période de six mois renouvelable.

Les managers comme les salariés ont trouvé leur rythme et sont satisfaits.

Deux fois par an, la direction mène une « campagne de volontariat ». Chacun se voit proposer de travailler ou non le dimanche pendant le semestre suivant. Plusieurs options : le salarié peut refuser, accepter de travailler tous les dimanches, un dimanche sur deux ou occasionnellement.
« La direction redoutait un manque de stabilité des effectifs », se remémore Pascale. Au bout d’un an et demi, la période d’ajustement a pris fin. « Les managers comme les salariés ont trouvé leur rythme et en sont satisfaits. »
Tous les six mois, un bilan détaillé est dressé pour avoir une visibilité sur les souhaits des salariés. Cela permet également les mises au point nécessaires et une répartition équitable des dimanches travaillés. Ces bilans montrent que 50 % des effectifs refusent le travail dominical.

Les salariés renouvellent leur confiance à la CFDT 

« Nos collègues sont très satisfaits, ceux qui refusent comme ceux qui acceptent de travailler le dimanche, constate Pascale. L’accord leur garantit le respect de leur choix de vie et de travail. Il est vraiment basé sur le volontariat. Et le renouvellement leur offre de la souplesse. » Deux mois après la signature de l’accord, les salariés ont choisi de renouveler leur confiance dans l’équipe CFDT qui a recueilli 57 % des voix lors des élections professionnelles du magasin concerné par l’accord.

photo : © Pascal Sittler / Réa