Réforme ferroviaire : pourquoi la CFDT ne fera pas grève à la SNCF

Publié le 31/05/2016

Les décisions issues d’un ultime round de négociations pour arriver à un accord sur l’organisation du temps de travail à la SNCF sont satisfaisantes pour la CFDT Cheminots qui a immédiatement levé son préavis de grève.

Malgré « des discussions très intenses, la direction de la SNCF a opté pour le maintien d’un cadre social de haut niveau pour les cheminots du groupe public », a affirmé Didier Aubert, responsable de la délégation CFDT Cheminots, lors d’une conférence de presse le 30 mai. Ce relevé de décisions, qui doit être confirmé par les accords proposés à la signature ce 6  juin sont « tout à fait de nature à rassurer les salariés de la SNCF », a-t-il déclaré. Et pour cause, non seulement les accords historiques sur le temps de travail sont maintenus, mais le préaccord prévoit d’inclure les dispositions les plus favorables de la convention collective nationale de la branche ferroviaire, qui se négocie également en ce moment. Ainsi, le quota des heures de nuit sera recalculé, comme le demandait la CFDT. Au lieu des 330 heures annuelles imposées au personnel roulant, il sera de 270 heures comme stipulé par le code du travail actuellement. De même, l’inclusion définitive dans les personnels roulants des agents assurant un service à bord des trains est une avancée importante que la CFDT réclamait.

 

Un dispositif adapté au terrain

Pour Didier Aubert, « c’est aussi prendre en considération que la SNCF peine à recruter car le métier de conducteur est peu attractif aujourd’hui. Préserver l’arrêt de la journée de service à 19h la veille d’un repos hebdomadaire, c’est aussi garantir aux salariés une vie sociale et familiale, car ils ont peu de visibilité sur l’aménagement de leurs horaires et travaillent de manière décalée », poursuit-il.

Enfin, la CDFT Cheminots se félicite d’un dispositif innovant qui acte la possibilité d’aménager les horaires « sur-mesure » en fonction des besoins de l’entreprise sur le terrain, en prévoyant des contreparties en temps ou financières pour les personnels concernés. Ainsi, les organisations syndicales signataires de l’accord se laissent la possibilité de négocier localement et par secteur des aménagements dérogatoires à l’accord global s’il se révèle mal adapté dans une entité donnée. 

Dans trois ans, un bilan réalisé sur la base d’un retour d’expérience de l’ensemble des dérogations mises en œuvre sera présenté aux organisations syndicales signataires afin d’engager, si nécessaire, une révision de cette expérimentation.

cnillus@cfdt.fr