Qualité de vie au travail, Il est temps que la négociation commence vraiment

Publié le 06/03/2013
Syndicats et patronat ont consacré la séance du 6 mars à l’élaboration d’une déclaration commune sur la question de l’égalité professionnelle.

 

Ils « piaffent d’impatience », selon leurs propres termes. Au sortir de cette quatrième séance de négociation (après plusieurs mois de délibération), chacun se garde bien de prétendre que celle-ci a vraiment débuté. Car, depuis un an, d’audits en expertises et de réflexions communes en positions partagées, « il est bien difficile d’entrer dans le vif du sujet », avoue Hervé Garnier, chef de file CFDT. Maigre consolation, les partenaires sociaux ont – ainsi qu’ils s’y étaient engagés lors de la grande conférence sociale de juillet 2012 – adopté en fin de séance une « Déclaration commune à l’occasion de la journée du 8 mars », en direction de la ministre chargée des Droits des femmes. Il y est fait mention de la volonté d’engager la négociation sur la base d’un diagnostic globalement partagé autour de la qualité de vie au travail et de l’égalité professionnelle. Sujets qu’ils considèrent « comme un moteur de développement économique et de croissance », estimant que « des améliorations sensibles sont possibles […] sans nouvelles charges financières pour les entreprises ».

 

De l’avis général, cette négociation vise plusieurs objectifs : rendre plus efficace la négociation annuelle sur l’égalité professionnelle, favoriser l’utilisation du rapport de situation comparée dans les entreprises, assurer l’égalité de traitement dans le déroulement de carrière, favoriser la mixité des métiers et des parcours en s’appuyant sur les branches professionnelles, permettre la conciliation des temps de vie et inciter à un meilleur partage du congé parental à travers un rééquilibrage des rémunérations et des parcours professionnels. Or, sur ce dernier point, la négociation pourrait rapidement venir percuter le rôle des pouvoirs publics, note Hervé Garnier. « Tout ne nous appartient pas. Les partenaires sociaux peuvent se poser la question du partage mais, quand on touche au temps même du congé parental, se pose automatiquement la question de l’offre d’accueil de la petite enfance, ce qui relève du législateur ».

 

 

Une méthode encore floue

 

Autrement dit, « l’effectivité de l’égalité professionnelle suppose une réelle mobilisation de tous les acteurs et à tous les niveaux du dialogue social, articulant la négociation collective et les lois, dans une réelle dynamique de progrès pour les femmes tout au long de l’agenda social », conclut la déclaration commune, dont la rédaction aura éclipsé toute amorce de négociation sur le fond du sujet, avec « cette contradiction persistante d’un consensus sur les thèmes à aborder et d’une divergence sur la manière de les traiter », souligne la CFDT. Elle souhaite une approche transversale de la question de l’égalité professionnelle, quand d’autres estiment que « le sujet n’est pas mûr pour l’instant dans le pays ». En fin de séance, de nombreuses incertitudes planaient sur la méthode de négociation et l’ordre du jour du 29 mars, date à laquelle les partenaires sociaux doivent se retrouver.


aballe@cfdt.fr