Pénibilité : un report inacceptable

Publié le 07/07/2014

La décision de Matignon de reporter, sous la menace du patronat, la généralisation du compte pénibilité passe mal pour la CFDT.

Contrepartie obtenue par la CFDT lors de la réforme des retraites de 2013, le compte personnel de prévention de la pénibilité devait s’appliquer à toutes les entreprises du secteur privé au 1er janvier 2015. Pour une majorité des dix critères établis par les partenaires sociaux, ce sera finalement 2016.

Un « report inacceptable » qui, « loin de simplifier le dispositif, fragilise le compte et crée de nouvelles inégalités entre les salariés, notamment vis-à-vis de ceux qui auraient pu en bénéficier dès 2015 », fustige la CFDT. Car le choix des critères faisant l’objet du report n’est pas anodin. Ce sont précisément les principales causes de pénibilité dans de nombreux secteurs : bruit, manutention, postures pénibles, vibrations, températures extrêmes et agents chimiques.

Dans le même temps, la CFDT-Construction & bois dénonçait « un coup de poignard dans le dos infligé aux salariés qui attendent déjà depuis dix ans une compensation de leurs conditions de travail », craignant, au delà du report, une remise en cause de l'existence même du dispositif Sur ce point, François Hollande a rappelé dans son intervention introductive de la Conférence sociale, que  la loi serait appliquée « Qu'il n'y ait pas d'ambiguité là dessus: la pénibilité aura toute sa place dans la législation française». L'application de la pénibilité dans le calcul des retraites «entrera progressivement en vigueur et sera entièrement déployée à partir du 1er janvier 2016»

aballe@cfdt.fr

   


Quatre critères sur dix

Seuls quatre critères de pénibilité devraient finalement être appliqués dès 2015 :

- travail de nuit
- travaux répétitifs
- travail en équipes alternantes 
- travail en milieu hyperbare

Pour les six autres critères, la montée en charge se fera à partir de 2016. Maigre consolation, le projet de décret prévoit un doublement des points acquis dès 58,5 ans au lieu des 59,5 ans initialement prévus.

   


Voir la vidéo d’Hervé Garnier interviewé le 3 juillet
sur le plateau du Grand soir 3