Parlons travail : Plus qu’un mois pour répondre à l’enquête

Publié le 29/11/2016

La grande enquête CFDT sur le travail a connu un démarrage en fanfare, avec plus de 150 000 répondants. D’ici au 31 décembre, le potentiel reste considérable, notamment auprès des adhérents. Une aubaine pour les actions syndicales en cours.

Ça cartonne ! Près de deux mois et demi après son lancement, le 20 septembre dernier, plus de 150 000 personnes ont participé à la grande enquête de la CFDT sur le travail, sur le site www.parlonstravail.com. Une réussite indéniable, qui montre qu’en proposant aux Français de raconter leur travail, la CFDT a touché juste. Et les premières tendances, esquissées à partir des 16 millions de réponses déjà collectées, ont été abondamment reprises dans la presse (Le Figaro, BFM TV, Europe 1, L’Express et, bien sûr, Libération, partenaire de l’opération), offrant à la CFDT une vitrine médiatique à l’heure où le syndicalisme bashing va bon train.

Plus d’un répondant sur deux n’est pas adhérent !

Le succès de l’enquête, sur un sujet aussi important et servie par une interface simple et ludique, n’est guère étonnant. Ce qui l’est plus, c’est qu’une majorité de répondants… ne sont pas adhérents à la CFDT ! « Malgré le nombre de réponses déjà enregistrées, force est de constater que la participation des adhérents CFDT est largement inférieure à ce qu’elle pourrait être : elle représente un peu moins de la moitié des répondants, soit environ 65 000 personnes, pas même un dixième du potentiel au regard de notre nombre d’adhérents… Or nous devrions toucher plus facilement cette population que les gens qui ne nous connaissent pas du tout », relève Guy Contrastin, chargé de mission à l’Union régionale interprofessionnelle (Uri) d’Île-de-France, qui encourage tous les syndicats à faire connaître l’enquête très largement.

« À chaque réunion, nous prenons le temps d’en parler et découvrons que les adhérents ne sont pas tous informés. Du coup, début novembre, nous avons relancé tous les délégués syndicaux », confirme Béatrice Druelle, secrétaire régionale de l’Uri Nord-Pas-de-Calais. Malgré les résultats très prometteurs de ces premières semaines, il y a donc bien un nouveau coup de pouce à donner pour mobiliser le plus de personnes possible avant la clôture des résultats, au 31 décembre 2016. Car cette enquête n’est pas seulement une occasion exceptionnelle de faire parler syndiqués et non-syndiqués sur leur vie professionnelle. C’est aussi l’opportunité d’engranger des contacts de potentiels adhérents : d’ores et déjà, 25 000 personnes ont laissé leur adresse mail afin d’être recontactées et recevoir les résultats de l’enquête. Une aubaine pour la CFDT.

Un atout dans la campagne TPE… et au-delà

Pour ceux qui l’ont expérimenté, en pleine campagne TPE, Parlons travail constitue également un excellent tremplin pour engager le dialogue. « Lorsque nos militants vont à la rencontre des salariés sur le terrain, ils ont toujours quelque chose à offrir !, se réjouit Raphaël Breton, secrétaire général adjoint de l’Union départementale de Seine-Saint-Denis. Il est souvent plus facile de lancer la conversation sur Parlons travail. Cette campagne d’un nouveau genre, plus conviviale que les tracts que nous distribuons d’habitude, nous permet d’entrer en contact avec des personnes qui ne nous auraient même pas regardés si on leur parlait de syndicalisme. Là, on leur dit : “Parlez-nous de vous…” Puis on enchaîne. » « Il serait dommage de ne pas profiter de l’enquête pour les accrocher, abonde Béatrice Druelle. Devant la gare de Lille-Flandres, nous avons organisé une distribution de 800 flyers un après-midi entre 16 et 18 heures. Plusieurs personnes se sont arrêtées pour parler avec nous ; c’est assez rare lorsque l’on a un train à prendre… »

Toutes les structures et équipes qui s’appuient sur l’enquête dans leurs actions – TPE, développement, élections professionnelles – le disent : pour se faire entendre, quoi de mieux que de donner la possibilité de s’exprimer ? « J’ai organisé un débat avec 80 militants de Pôle emploi en reprenant les questions sur le sens que l’on donne à son travail et en diffusant la vidéo associée à ce thème, relate Antoine Lelarge, secrétaire général de l’Union départementale du Maine-et-Loire. Ils étaient tellement surpris qu’on leur demande ce qu’ils pensent que j’ai à peine pu reprendre la main sur les échanges ! » À l’issue de cette réunion, tous ont avoué que prendre quinze minutes afin de réfléchir sur soi, ses envies et se comparer, était un exercice enrichissant et qu’ils ne l’auraient pas fait spontanément. « L’enquête donne envie », confirme Guy Contrastin.

Et justement, pour donner envie d’aller au bout des 150 questions, Antoine Lelarge a un truc : sur le stand CFDT qui se tient chaque premier samedi du mois devant la Bourse du travail à Angers, pour aider ceux qui le souhaitent à ouvrir leur compte personnel de formation (CPF), il aide les volontaires à remplir les 40 premières questions de Parlons travail. À ce stade, les personnes enregistrent leurs mails et reçoivent un lien chez elles pour continuer le questionnaire, tranquillement, au chaud.

Alimenter le débat présidentiel

Chaque nouveau répondant enrichit la grande base de données qui va nourrir le débat que la CFDT souhaite lancer sur le travail à la veille de l’élection présidentielle. À rebours de quelques totems, notamment sur la nécessité d’allonger le temps de travail de Français qui ne travailleraient pas assez : nul doute qu’il sera intéressant, le moment venu, de constater que 23 % des salariés ayant répondu ne parviennent pas à prendre tous leurs congés ou RTT dans l’année ; ou qu’une majorité d’entre eux juge son temps de travail actuel compatible avec une vie sociale et familiale.

De même, les réponses des non-adhérents sur le rôle des syndicats en France seront utiles pour jauger l’image du syndicalisme. Et celles des adhérents pour comprendre ce qu’ils pensent… de la CFDT. Dès janvier 2017, les chiffres définitifs risquent de balayer un grand nombre d’idées reçues.

cnillus@cfdt.fr