La Poste : le plan stratégique suscite des craintes pour l’emploi

Publié le 30/01/2014

Philippe Wahl, le président du groupe La Poste, a présenté le 28 janvier son plan stratégique « La Poste 2020 : conquérir l’avenir » pour faire face à la baisse des activités traditionnelles du groupe – principalement l’activité courrier, qui baisse chaque année de 6 %. La F3C-CFDT sera vigilante en ce qui concerne les conséquences en termes d’emploi.

D’ici à 2020, selon les prévisions de la direction, le flux du courrier aura été divisé par deux. Concrètement, ce plan stratégique comprend plusieurs volets. Celui de la réforme de la gouvernance sera développé en mars ; celui du pacte social sera négocié à partir de juin.

De nouveaux métiers…

Le même jour, le président du groupe a mis en avant le développement des activités existantes et les nouveaux métiers que les salariés de La Poste seront amenés à faire. Sans surprise, Philippe Wahl veut développer les activités existantes qui marchent bien : le colis et La Banque Postale. Il a d’ailleurs annoncé une fusion de la direction nationale du colis (qui gère ColiPoste) avec la direction du courrier.

« Cette fusion fait craindre une diminution des emplois chez les cadres », explique Alain Barrault, secrétaire national chargé du pôle Poste-distribution à la F3C-CFDT (Fédération communication, conseil, culture). En revanche, elle pourrait augmenter le volume de travail du courrier. En effet, ColiPoste fait souvent appel à des sous-traitants en zone urbaine. En milieu rural, les colis sont distribués par les facteurs.

… Et des services d’intérêt public

Parmi les nouveaux métiers que propose La Poste à ses clients, citons la relève des compteurs EDF, l’identification des besoins en isolation, les photos pour les assurances, la surveillance de la voirie, le portage des courses de supermarché, la visite à domicile de personnes âgées. « À la CFDT, nous sommes favorables à toute recherche d’activités qui seraient réalisables par un réseau tel que le nôtre, assure Alain Barrault, mais, évidemment, cela ne peut se faire n’importe comment. Il faudra des négociations localement pour faire admettre ces nouvelles activités aux facteurs. »

Le syndicaliste s’attend à ce que les négociations sur le pacte social prévues en juin soient rudes. « Il va être question de réorganisation du travail, de davantage de flexibilité, de travail le week-end, qui sont des sujets sensibles. Mais mes craintes portent surtout sur l’avenir de l’emploi », explique Alain Barrault. Il estime que « mener de telles négociations pendant une année électorale pour les syndicats [pendant décembre 2014 en ce qui concerne toutes les fonctions publiques] ne va pas favoriser la sérénité ».

dblain@cfdt.fr

Photo : © Marta Nascimento / Réa