La CFDT oblige Amazon à se mettre en conformité sur sa grille salariale

Publié le 02/02/2018

La CFDT d'Amazon a démontré que sa direction contrevenait aux obligations légales sur la grille salariale. Des  négociations doivent s'ouvrir d'ici peu. 

En novembre 2017, la CFDT a saisi la commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation (CPPNI) de la branche du commerce de détail non alimentaire (CDNA) pour mettre fin aux pratiques illicites de la direction d’Amazon en termes de classification et de rémunération. Elle estimait que la grille salariale de l’entreprise était contraire aux dispositions légales et conventionnelles et notamment qu’elle prive les salariés du groupe de perspectives d’évolution après deux ans d’ancienneté.

Les organisations syndicales et patronales de la branche, membres de la CPPNI, ont voté le 1er février à l’unanimité un avis d’interprétation qui donne raison à la CFDT, seule organisation syndicale à s’être emparée concrètement du dossier de rémunération et de classification des salariés chez le leader du e-commerce. Cet avis a valeur d’avenant et devient donc un texte de droit conventionnel. « Cette situation illustre bien l'immaturité du dialogue social chez Amazon, explique Olivier Guivarch, le secrétaire général de la Fédération CFDT des services, la CFDT Amazon a toujours prévenu la direction de ses actions. Elle l'avait mise en garde sur la grille salariale mais devant l'absence de prise en compte de nos interventions, elle a dû saisir la CPPNI. C'est la même chose avec les négociations sur le travail de nuit qui viennent d'échouer. La direction n'a laissé que très peu de marges de manoeuvre à la négociation et s'est montrée déloyale en essayant de passer en direct avec les salariés. »

Revalorisation salariale pour des centaines d’employés

Selon Julien Vincent, le délégué syndical central CFDT d’Amazon, l’entreprise va devoir créer « des niveaux de classification qui pour l’heure n’existent pas » et « se mettre à niveau pour les salaries. » Forte de cette décision, la CFDT n’hésitera pas à saisir les juridictions compétentes pour obtenir une revalorisation salariale et de statut pour les centaines de salariés lésés.
Les négociations salariales  « s'ouvrent début février. On espère qu'Amazon aura compris le message », a déclaré Julien Vincent.

dblain@cfdt.fr

Photo © Hamilton / Réa