Un bon partage d'expérience des élus DP et CE

Publié le 17/10/2012 à 00H00
L'Uri d'Alsace a organisé des rencontres dédiées aux délégués du personnel et élus des comités d'entreprise. Le but : mieux connaître l'organisation, et que chacun échange sur ses pratiques.

«Je l’avoue, je nage… » Entre son syndicat professionnel, l’Uri, l’Uffa (Union des Fédérations des fonctions publiques et assimilés) et la CFDT-Cadres, ce DP de France Télécom, fonctionnaire et cadre, ne sait pas à qui il doit s’adresser. Comme lui, la grande majorité des élus CE et DP ne connaissent guère de l’organisation que François Chérèque et le délégué syndical de leur entreprise… Entre les deux, difficile de se retrouver dans la « nébuleuse » des diverses instances de la CFDT. Cette journée d’information organisée le 4 octobre à Strasbourg s’est révélée salutaire ! Quatre autres rencontres ont déjà eu lieu à Mulhouse et Strasbourg, dont deux consacrées aux fonctionnaires. « Nous avons identifié les thèmes des rencontres grâce à une enquête Flash diffusée auprès de nos militants, explique Sabine Gies, secrétaire générale de l’Uri. Les élus ont exprimé le besoin de mieux connaître le fonctionnement de l’organisation et ses positions afin de pouvoir se les approprier. Et il est indispensable que nous entendions ce qui les préoccupe au quotidien. » La rencontre du 4 octobre s’est déroulée autour de trois thématiques : les valeurs de la CFDT, le développement syndical, les nouvelles contraintes sur les comptes des CE.

Nathalie, une trentenaire fraîchement élue DP à IGBMC (Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire) à Illkirch-Graffenstaden se reconnaît dans les valeurs de la CFDT : démocratie, liberté, émancipation, solidarité. Elle a choisi de se présenter sur la liste CFDT car le DS de l’institut est « le seul à avoir pris les choses en main pour améliorer la situation des salariés, notamment en matière de prévention des risques, thème crucial quand on travaille sur le vivant… Ce débat sur les valeurs de la CFDT va nourrir ma réflexion ; je suis sûre que cela me sera utile dans mes discussions avec mes collègues ».

Surmonter les obstacles à la syndicalisation
Parmi les participants, plus d’un aimerait voir son engagement en susciter de nouveaux. Mais si les sympathisants ne manquent pas, ils traînent des pieds quand il s’agit de passer à l’acte. Le coût de l’adhésion est évoqué, mais ce n’est pas le seul obstacle. « Dans mon entreprise, le turnover est élevé, remarque Olivier. Les collègues viennent nous voir en cas de problème, mais ne se syndiquent pas. Ils savent qu’ils seront partis au bout d’un an ou deux. » Comment, dans ces conditions, toucher les jeunes, réputés zappeurs et individualistes ? « À nous d’expliquer à ces salariés qu’ils pourront s’appuyer sur la CFDT tout au long de leur vie professionnelle, argumente Sabine Gies. La CFDT est présente dans toutes les branches, sur tout le territoire et s’adresse à toutes les formes de salariat et de statut. »

Le troisième thème de la journée, les comptes des CE, s’est d’autant plus imposé que les affaires très médiatisées de la RATP et d’EDF ont terni l’image de ces instances. Depuis la loi du 20 août 2008, la transparence financière est un critère de représentativité syndicale. « Nous avons été précurseurs : la CFDT publie et fait certifier ses comptes depuis 2009 », explique la secrétaire générale de l’Uri, qui incite les élus à mener « une grande réflexion sur le fonctionnement et les dépenses du CE. » Certains découvrent que ce dernier est doté de deux budgets distincts : l’un de 0,2 % de la masse salariale (minimum légal), destiné au fonctionnement du CE ; l’autre de 0,8 % en moyenne (sans minimum légal), dévolu aux activités sociales et culturelles. « Je ne suis pas sûre que la distinction soit établie dans notre budget, s’inquiète Pascale, trésorière du CE de son entreprise. Je vérifierai que tout est conforme dès mon retour ! » Chacun a pu repartir avec, en tête, des pistes de réflexion et d’amélioration.

Marie-Nadine Eltchaninoff