Speed-dating de jeunes à la F3C

Publié le 31/08/2012 à 00H00
La Fédération Communication, conseil, culture a réuni de jeunes militants sur le thème de l'engagement syndical. Ou comment faire adhérer de jeunes salariés et préparer l'avenir.

Une trentaine de jeunes militants de la F3C étaient rassemblés, les 19 et 20 juin dernier à Paris, sur le thème de l’engagement syndical. Avec deux quizz pour démarrer les travaux – « Connais-tu la CFDT ? » et « Pourquoi adhérer ? » – puis la préparation du débat avec le secrétaire général adjoint de la CFDT, Laurent Berger, le ton était donné : allier l’utile à l’agréable.

10% de jeunes militants

Objectif avoué des deux journées : favoriser la syndicalisation des jeunes. Les moins de 36 ans représentent 15,6% des adhérents, à peine 10% des militants. « Nous sommes à peine représentatifs, engage Stephen Schoonbaert, secrétaire fédéral responsable du groupe Jeunes. Il va falloir qu’on se bouge ! » « Aujourd’hui, le développement repose sur un trop faible nombre de personnes, avance Anne Wojcik, secrétaire nationale de la F3C. C’est à vous, acteurs de proximité, de faire adhérer les salariés autour de vous. À vous de mettre en place des plans d’action pour faire adhérer des jeunes. Plus il y aura de jeunes adhérents dans l’entreprise, plus il y en aura dans les structures. »

Des outils existent : le tract confédéral « De nouveaux droits pour les jeunes », le guide jeunes diplômés de la CFDT-Cadres, Moi et l’entreprise, le livret d’accueil de la F3C, les tracts fédéraux. Autre levier d’adhésion, les quatre accords nationaux interprofessionnels signés en 2011. « Les Ani jeunes ne sont pas là pour faire joli mais pour s’en servir !, assène Stephen. Dans les télécoms, nous avons signé un accord sur l’insertion des jeunes. » Une opportunité d’aller à la rencontre de ces (futurs) salariés. C’est ce message qu’a porté Laurent Berger en réponse aux nombreuses questions sur les rémunérations, la sécurisation des parcours professionnels et le logement : « Au niveau national, nous pouvons changer des choses. Mais dans la mise en œuvre des accords et le respect du droit, rien ne remplacera la pratique syndicale dans l’entreprise. À nous d’organiser nos réseaux CFDT au service de l’action syndicale et du développement. »

3 minutes pour faire adhérer

Place aux travaux pratiques pour « parvenir à transformer en adhésion tout le travail de proximité réalisé par les syndicats et les équipes d’entreprise », avec un speed-dating de l’adhésion : en moins de trois minutes, les uns (délégué syndical, délégué du personnel ou simple adhérent) doivent convaincre les autres (intérimaire, prestataire, apprenti, stagiaire ou salarié en CDI) de rejoindre la CFDT. Les participants se prennent au jeu, déroulent leurs arguments… Certains parviennent à brandir un bulletin d’adhésion à l’issue du temps imparti !

« Les stagiaires sont une cible plus compliquée », jugent-ils par la suite. « Il ne faut pas donner de faux espoirs. » Responsable du développement de la F3C, Anne Wocjik décrypte : « Laisser parler le salarié, c’est le point de départ pour attraper le fil de l’adhésion. Sur les salariés et apprentis, pensez formation, mettez en avant le réseau CFDT. Quand un salarié veut réfléchir, prenez ses coordonnées, reprenez contact. » « L’adhésion est un temps long qui nécessite de revenir plusieurs fois à la charge », confirme un militant.

« Le syndicalisme est une école de la patience », rebondit le secrétaire général de la F3C, Yvan Béraud. Un message envers ces jeunes militants qui ont « toute leur place à prendre dans la fédération ». À partir de ce rassemblement « en petit comité », il souhaite « engager un travail de long terme » pour préparer le renouvellement générationnel. Une manière de « construire un contrat de génération dans les syndicats ».