Effervescence(s), une jeune génération pragmatique et engagée

Publié le 16/07/2013
« Qui dans l’assemblée a déjà fait une mission d’intérim ? » À cette question posée lors d’une séance plénière, presque tous lèvent la main. Oui, cette génération n’ignore rien des petits boulots, de la crise et de ses conséquences. Pour autant, la centaine de jeunes militants CFDT réunis du 8 au 11 juillet à Bierville, ne se reconnaissant pas dans le cliché de la génération sacrifiée, préfèrent l’engagement au catastrophisme.

Trois jours et demi de formation accélérée, rythmés par les plénières et les ateliers : débats d’actualité, partage d’expérience, fonctionnement des orgas ; deux soirées pour faire la fête et mieux connaître les militants de toutes les régions et tous les champs professionnels. « En parlant avec des militants de la fonction publique, je me suis rendu compte que nous rencontrions les mêmes problèmes », note Véronique, salariée du privé. « J’ai enrichi mon réseau, se réjouit Nadia, militante à la Sécu. Effervescence(s), c’est une boîte à idées dans laquelle on peut piocher. Par exemple, je vois très bien comment je vais m’y prendre à la rentrée pour monter des actions de développement. »

Tous évoquent l’enrichissement intellectuel apporté par ces quelques journées. « Pour la Confédération, l’objectif d’Effervescence(s) consiste à former ces jeunes militants à tous les sujets d’actualité revendicative de la CFDT, explique Thiébaut Weber, délégué jeunes confédéral, les aider à mieux s’imprégner de la culture, des codes et de l’histoire de l’organisation, donner à cette génération les outils permettant de construire une CFDT dans la continuité de ses valeurs. Je dois dire qu’ils nous ont bluffés, par leur investissement, leur assiduité, et une vraie joie à être réunis ! »

Ces invités de marque qui ont écrit l’histoire

Cette session 2013, intitulée « Retour vers le futur », a proposé aux jeunes un voyage dans le temps, au fil de l’histoire de la CFDT. Un invité de marque, Michel Rocard, a retracé les grandes lignes du contexte social et politique de la fin du XXe siècle, et ses échanges avec Gaby Bonnand, ancien secrétaire national, ont captivé leurs auditeurs. Le principe d’autonomie de l’organisation vis-à-vis du politique a été exploré et débattu. « J’ai été impressionnée, affirme Véronique. Michel Rocard vit son engagement comme une évidence. J’ai compris en l’écoutant que l’histoire s’écrit tous les jours, sans même que l’on en ait conscience. Cela donne du sens à notre action militante, et c’est bien de se le rappeler dans les moments de découragement. »

Les congressistes ont souhaité aller droit au but

Cette mise en perspective historique a été relayée par des ateliers pratiques. Répartis en sections syndicales fictives aux noms évocateurs de luttes emblématiques : Michelin, Schlumpf, Hôpital de Carhaix, Nouvelles Galeries de Thionville, etc., les participants se sont entraînés à débattre autour de textes d’amendements et à construire un projet de résolution pour le congrès de 2018, jusqu’au « conseil syndical du futur », qui s’est tenu le dernier jour. Cet apprentissage ludique a permis aux congressistes de s’approprier les arcanes du fonctionnement de l’organisation. Comme l’explique Thierry Cadart, secrétaire national chargé du dossier jeunes : « Effervescence(s) sera une réussite si ces jeunes, une fois revenus dans leurs syndicats, ont envie de se saisir des enjeux de leur congrès, de faire passer leurs idées et leurs points de vue pour l’avenir. »

Car ces jeunes militants ont des attentes et des préoccupations bien à eux. « Ils veulent aller droit au but et aspirent à dépasser les guerres d’ego ou de structures, dit la secrétaire confédérale Inès Minin. Ils sont nés citoyens européens et sont exigeants vis-à-vis de l’Europe, impliqués dans le développement durable et très concernés par les questions de conciliation de la vie professionnelle et du temps personnel, de logement, de transport, de territoire. »

Leur pratique syndicale s’appuie sur des valeurs identiques à celles de leurs aînés, mais gagne en efficacité grâce aux nouvelles technologies… qui, pour eux, n’ont rien de nouveau. « J’ai monté une journée jeunes à Toulouse grâce aux conseils donnés sur Facebook par des copains de Bretagne et de Bordeaux », déclare Agnès, heureuse de les avoir retrouvés à Bierville. Pragmatique et engagée, cette génération semble bien armée en vue des combats d’aujourd’hui et de demain.

mneltchaninoff@cfdt.fr