"La CFDT ne change pas. Quoique..."

Publié le 30/01/2013
Déjà investie à travers les rassemblements d'élus dans le chantier « Soutien et accompagnement des militants », l’Uri Alsace a réuni 350 militants afin d’approfondir la démarche et s’engager dans deux nouveaux chantiers : la proximité aux salariés et le renouvellement.

350 militants alsaciens ont pu rencontrer Laurent Berger, le 6 décembre, à Sélestat, à l’occasion de sa « première sortie en région », dans son nouveau costume de secrétaire général. « Nous avons changé de secrétaire général, mais la CFDT ne change pas. Quoique… », a entamé la secrétaire générale de l’Union régionale d’Alsace, Sabine Gies. Responsables de syndicats et militants d’entreprise et d’administration ont en effet découvert le nouveau logo et sa signature. Les débats ont aussi offert l’opportunité de poursuivre ceux de l’Assemblée générale des syndicats à propos des chantiers d’évolution de l’organisation.

Poursuivre la dynamique

« Nous étions inscrits dans le chantier no 1 sur le soutien et l’accompagnement des militants. » L’Uri a organisé quatre rassemblements d’élus DP-CE et un rassemblement fonction publique en 2011 et 2012. « En 2013, nous allons poursuivre la dynamique avec des rencontres sur le fonctionnement, les valeurs et les positions de la CFDT, tous secteurs confondus, pour vous aider à les traduire en pistes d’action syndicale. »

La CFDT Alsace entend aussi s’engager dans de nouveaux chantiers ; le no 2, « Proximité avec les salariés », n’est pas inconnu tant elle s’est investie lorsqu’il s’est agi d’aller à la rencontre des salariés des très petites entreprises. « Cette démarche est très révélatrice de ce que doit être le syndicalisme de demain, estime le secrétaire régional Antoine Dugo, porteur du dossier : proche des salariés, allant à leur rencontre, les informant sur leurs droits avant de leur proposer l’adhésion. » L’Uri veut désormais expérimenter l’accompagnement de la négociation de protocoles d’accord préélectoraux entamé par la CFDT Lorraine. « Il y a un enjeu majeur à développer la CFDT là où nous ne sommes pas encore implantés. »

Enfin, le chantier n o 5 sur le renouvellement – et notamment la place des jeunes, des femmes et des personnes issues de la diversité – répond à l’enjeu de « pérennisation de nos collectifs », a souligné Sabine Gies, qui souhaite ainsi pouvoir « repérer les militants qui seront nos responsables de demain ».

Les militants à la manœuvre

Les militants alsaciens ont tour à tour témoigné de leur expérience ou questionné la manière dont les chantiers d’évolution peuvent répondre à leurs préoccupations quotidiennes : la pression (voire la répression syndicale) dans les entreprises et les collectivités ; la difficulté à apporter des réponses juridiques, faute de temps et de ressources ; l’apport des enquêtes Flash pour la vie du syndicat et son développement…

Lors de sa rencontre, en amont du débat, avec la section du CHU de Sélestat, le secrétaire général a aussi pu constater que les équipes de terrain ne manquent pas d’imagination quand il est question de faire évoluer le syndicalisme. Face à des « marges de manœuvre très réduites pour obtenir des résultats collectifs », la section « bascule sur du service à l’adhérent pour maintenir les adhésions » : contact quasi quotidien avec les adhérents, accompagnement individuel des agents, instauration d’une « table de discussion à la cantine », calcul des droits à la retraite… ou cours de yoga pour sensibiliser à la problématique du bien-être au travail. Résultat : la section compte 150 adhérents pour 700 agents. « On crée des choses à côté parce que c’est une attente de nos adhérents. Ça véhicule une image positive du syndicalisme. » La CFDT ne change pas, quoique…

Aurélie Seigne