[Dossier] Le nouveau visage du syndicalisme

Publié le 16/10/2017 à 16H28
Le 31 mars dernier, la CFDT devenait la première organisation syndicale du secteur privé. Par leur vote dans les entreprises, les salariés ont donné un nouveau visage au syndicalisme. Reste à amplifier la dynamique en vue des élections de décembre  2018 dans le secteur public.

Ce sont eux qui font la CFDT. Ces salariés qui ont adhéré puis fait le choix de s’engager un pas de plus – et souvent plusieurs – en se présentant aux élections ou en acceptant un mandat. Ils l’ont fait pour défendre leurs collègues, sauver leur entreprise, inventer des solutions afin d’améliorer le pouvoir d’achat dans leur entreprise ou administration, les conditions de travail et la reconnaissance de celui-ci, la place de chacun dans la communauté de travail, favoriser l’insertion des plus éloignés de l’emploi, pratiquer le dialogue social au bénéfice de tous… Bref, pour changer la vie des travailleurs.

Il y a tout juste six mois, le 31 mars 2017, la CFDT a été consacrée première organisation syndicale du secteur privé par le vote des salariés aux élections professionnelles dans les entreprises. Elle reléguait ainsi la CGT en deuxième position pour la première fois dans l’histoire du syndicalisme. « Ce résultat historique a changé le visage du syndicalisme français », a aussitôt réagi Laurent Berger. Ce nouveau visage, « c’est celui des milliers de femmes et d’hommes qui, chaque jour, s’engagent auprès de leurs collègues pour les défendre, les accompagner, obtenir de nouveaux droits qui améliorent leur quotidien ». Ses premiers mots ont été pour eux, « les militantes et militants CFDT que leurs collègues ont choisis pour les représenter, car ce sont eux qui obtiennent la confiance et le vote des salariés ».

       

 

   
       



10 000

C’est le nombre de militants CFDT qui ont participé  au grand rassemblement du 3  octobre

   

Pour les remercier de ce qu’ils accomplissent chaque jour, la CFDT a d’ailleurs organisé un grand rassemblement intitulé « Le progrès en tête ! », le 3 octobre (lire ci-contre) : l’occasion de réunir 10 000 élus et mandatés d’entreprise et d’administration pour dire la fierté collective de ce résultat qui conforte le syndicalisme CFDT. Un syndicalisme « capable de regarder la réalité en face pour mieux la transformer, de faire des propositions, de s’engager dans la négociation et d’obtenir des résultats concrets sur les lieux de travail ». Et qui répond aux attentes des salariés. Ce nouveau visage, c’est bien sûr aussi celui des centaines de milliers d’adhérents qui ont fait le choix, par leur engagement et le règlement de leur cotisation, de participer à construire ce syndicalisme CFDT que les salariés ont porté en première place.

Défricher de nouveaux espaces de démocratie sociale

Reste que tous ceux qui s’engagent le savent : il ne sert à rien de se reposer sur ses lauriers. Et ce n’est pas dans les intentions de la CFDT. Être première organisation syndicale dans le secteur privé donne une responsabilité particulière : celle d’écrire la suite de l’histoire en défrichant de nouveaux espaces de démocratie sociale, en portant ses re­vendications pour relever les défis de la transition écologique, de la révolution numérique, de la bascule démographique. Autant de thèmes qui seront débattus au prochain congrès de la CFDT, qui se tiendra à Rennes du 4 au 8 juin 2018 ; dès ce 23 octobre, tous les adhérents seront invités à participer aux débats – une première ! – par le biais de la plateforme www.participons.cfdt.fr.

Être la voix de tous les travailleurs et porter « Le progrès en tête ! » sera indispensable compte tenu des réformes que le gouvernement a prévu de conduire – formation professionnelle, assurance-chômage, apprentissage, retraites, services publics… Dans un tel contexte et face à une forme de surdité du gouvernement et du patronat sur l’utilité du dialogue social avec des représentants des salariés qui bénéficient de la protection et de l’accompagnement de leur organisation syndicale, il va être plus que jamais nécessaire de « poursuivre la dynamique en vue des prochaines échéances et amplifier notre action de terrain ». De fait, ni le gouvernement ni le patronat ne semblent avoir pris la mesure du changement à l’œuvre, comme le montrent les ordonnances réformant le code du travail, cette « occasion manquée » de renforcer la culture du dialogue social dans les entreprises – sans compter les marqueurs idéologiques d’un patronat qui n’a toujours pas compris qu’un dialogue social de qualité était la clé de la performance économique. Plus que jamais, c’est sur le terrain que la CFDT entend continuer de faire la preuve de l’utilité du syndicalisme.

 


 
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D’autres échéances s’annoncent. Les élections professionnelles de décembre 2018 dans la fonction publique sont l’occasion de conquérir la place de première organisation syndicale secteurs privé et public confondus. « Non pas être premier pour le plaisir de l’être », rappelait il y a quelques mois Laurent Berger. Mais, selon les mots de la secrétaire nationale Marylise Léon, parce que « les fonctionnaires et agents vivent de profondes transformations ; il leur faut un syndicalisme capable de construire les réponses adaptées. Cela suppose bien sûr des employeurs publics qui assument leur responsabilité. Mais aussi des organisations syndicales au contact des agents qui proposent des solutions et s’engagent pour les porter. C’est ce que la CFDT a fait en négociant d’arrache-pied le protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations, qui améliore très concrètement la vie des agents dans les trois versants de la fonction publique ».

Construire les réponses adaptées par le dialogue suppose d’avoir des interlocuteurs à l’écoute. Or force est de constater que le gouvernement n’a pour l’heure pas fait ses preuves en la matière. Et parce que le syndicalisme CFDT se caractérise par sa capacité de proposer des solutions innovantes, de s’engager lorsqu’il s’agit de les rendre effectives mais aussi de s’opposer lorsqu’il le faut, elle entend bien continuer de construire un rapport de force permettant de peser davantage. C’est le sens de l’appel lancé par Laurent Berger aux salariés le 31 mars dernier pour qu’ils rejoignent la CFDT et incarnent à leur tour le nouveau visage du syndicalisme. Forts de cette promesse : « La CFDT, c’est moi, le progrès social, c’est nous ! » 

aseigne@cfdt.fr

© Photo-montage Murielle Guillard pour CFDT Magazine

 

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