Télécoms : vives inquiétudes chez les salariés de Bouygues et SFR

Publié le 17/03/2016

Les 7 500 salariés de Bouygues Telecom préfèreraient être repris par Orange plutôt que par SFR et Free. D'autant que la direction du groupe SFR-Numéricable ne respecte pas les engagements sur le maintien dans l'emploi pris en 2014. 450 salariés ont quitté l'entreprise entre novembre 2014 et décembre 2015.  

Alors que les grandes manœuvres vont se poursuivre au moins jusqu’à la fin du mois  au niveau des directions des grands opérateurs pour la reprise et le partage de Bouygues Telecom, les grands oubliés semblent être les salariés. Chez Bouygues Telecom (7 500 salariés), la CFDT du groupe a demandé – et obtenu – un rendez-vous au ministère des Finances. Elle y a plaidé en faveur d’une reprise par Orange qui, selon elle, offre de meilleures garanties de pérennité de l’emploi, l’Etat y restant actionnaire majoritaire. Selon une enquête Flash réalisée par la CFDT, 95 % des salariés de Bouygues sont favorables à un reclassement chez Orange. Pour Azzam Ahdab, le délégué syndical central du groupe, « la pyramide des âges et le nombre de départs en retraite prévu chez Orange devrait permettre à ce groupe d’absorber tous les salariés de Bouygues Telecom. » Les deux autres opérateurs, Free et SFR, qui devraient reprendre également une partie des salariés, offrent selon lui de moins bonnes garanties.

Contraindre Patrick Drahi au respect de ses engagements

On comprend d’autant mieux les inquiétudes des salariés de Bouygues, que Patrick Drahi, patron du groupe SFR-Numéricable, qui a racheté SFR en avril 2014, semble peu enclin à respecter ses engagements sur l’emploi. La CFDT de l’entreprise estime que l’engagement à maintenir l’emploi jusqu’en juillet 2017 n’est pas tenu : « Le récent diagnostic social de l’expert mandaté par le comité central d’entreprise de SFR n’a fait que confirmer cette tendance et chiffre les suppressions de postes à 450 entre novembre 2014 et décembre 2015 (…) Une stratégie qui s’apparente à un PSE larvé. »  La CFDT de SFR a également demandé à être reçue au ministère de l’Economie. « Nous voulons alerter l’Etat, qui avait supervisé la vente de SFR à Numéricable et imposé l’engagement sur le maintien de l’emploi », explique Frédéric Bourdelle, le DSC adjoint. La CFDT de SFR entend ainsi contraindre Patrick Drahi à tenir ses engagements, aujourd’hui et à l’avenir.

dblain@cfdt.fr

 

Photo © Pascal Sittler