Samia, morte à Lampedusa

Publié le 05/03/2020

Pour la 2e année, la CFDT est partenaire du festival Paroles citoyennes et a soutenu la pièce de Gilbert Ponte, Samia, de Pékin à Lampedusa, l’histoire authentique et dramatique d’une jeune sportive somalienne. La pièce a été suivie d’un débat auquel Béatrice Lestic, secrétaire nationale, a participé.

« C’est une histoire très émouvante qui évoque le scandale du traitement des migrants et celui de la place des femmes. » Béatrice Lestic, secrétaire nationale, a ainsi résumé son émotion après avoir vu la pièce Samia, de Pékin à Lampedusa, donnée le 3 mars au théâtre Libre, à Paris dans le cadre du partenariat entre la CFDT et le festival Paroles citoyennes. Samia, c’est l’histoire vraie d’une jeune Somalienne passionnée d’athlétisme, qui a participé aux JO de Pékin (2008). Elle s’entraîne avec les moyens du bord, c’est-à-dire très peu, pour participer aux JO de Londres (2012).

Empêchée par des fanatiques religieux (les femmes n’ont pas le droit de courir !) dans son pays en guerre, elle décide de fuir et de gagner l’Europe pour devenir une grande sportive. Elle connaît, ou subit plutôt, le parcours des migrants de la corne de l’Afrique, la traversée du Soudan, le prix des passeurs. Mais très affaiblie, elle meurt dans un canot pneumatique à quelques centaines de mètres de Lampedusa.

Cette pièce de Gilbert Ponte (également metteur en scène) est remarquablement interprétée par la comédienne Malika R. Johany, époustouflante de talent. Elle donne à vivre sur scène les passions, les obstacles et l’absurde qui ont croisé le chemin de la jeune femme.

Le rêve des Nigérianes : faire des études

Un débat a suivi la représentation. Séverine Lemière et Marie Cervetti, respectivement présidente et directrice de l’association FIT, Une femme, un toit, ont redit : « Les jeunes femmes que nous accueillons ont toutes des passions, des désirs de liberté. Les Nigérianes, par exemple, sont très désireuses de faire des études. »

Mais l’association, dans sa mission d’accueil et d’insertion des réfugiées, se heurte souvent à des difficultés administratives « ubuesques ». La directrice de FIT cite le cas de cette jeune femme hébergée par l’association pendant six ans ( !!!) avant d’obtenir sa régularisation parce qu’elle refusait de porter plainte contre le réseau de proxénètes, lequel menaçait sa famille restée au pays.

Béatrice Lestic a rappelé que « La CFDT porte un projet de société avec des valeurs de dignité humaine et d’assistance aux plus démunis. Si elle n’intervient pas à au stade de l’accueil des migrants, en revanche elle est présente à l’entrée dans le monde du travail où elle milite pour les droits de tous les travailleurs et contre le développement d’un sous-prolétariat. La CFDT joue également un rôle auprès des agents et salariés intervenant auprès des réfugiés pour mettre de l’éthique dans leur travail. »

dblain@cfdt.fr

(Crédit Photo DR)