Réforme de la SNCF : Le conflit, faute de négociation

Publié le 11/04/2018

Tandis que le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire annoncé en février dernier est en discussion à l’Assemblée nationale, l’intersyndicale CFDT, CGT, Sud Rail, Unsa a reconduit le mouvement de grève, entamé le 3 avril, après un mois de discussions infructueuses. 

Dans son communiqué de presse du 6 avril, la CFDT-Cheminots déplore l’absence de réponses aux demandes des organisations syndicales et dénonce les propos « toujours aussi vagues » des pouvoirs publics sur des points cruciaux pour l’avenir des cheminots.

Vingt propositions restées sans réponse

Parmi les sujets d’inquiétude, la reprise de la dette de la SNCF par l’État n’a fait l’objet d’aucun engagement concret du gouvernement, qui exige au préalable un effort de rentabilité de la part de l’opérateur historique. Pas plus de précisions sur les conséquences de l’ouverture à la concurrence : transfert des agents, possibilité de refus ou de retour à la SNCF après un passage chez un autre opérateur, etc. La volonté de la CFDT de négocier une convention collective nationale de haut niveau pour l’ensemble du secteur ferroviaire, qui permettrait de sortir de l’impasse, n’est toujours pas à l’ordre du jour des concertations. Tous ces points font l’objet d’un nombre croissant d’amendements, 300 ont été déposés à ce jour. Et la CFDT-Cheminots, qui avait fait 20 propositions afin d’améliorer le texte dès la publication du rapport Spinetta et le lancement de la réforme, attend encore des réponses. Selon Laurent Berger, « le vrai sujet, jamais posé, c’est quel ferroviaire nous voulons pour demain ? ». Le secrétaire général de la CFDT a appelé à « négocier et entendre les propositions qui ont été faites. La CFDT ne souhaite que cela : discuter ».

cnillus@cfdt.fr