Nouvelle-Calédonie : colloque syndical sur la sortie de l’accord de Nouméa

Publié le 29/10/2014

Les syndicalistes de l’Usoenc se penchent sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie qui devra opter ou non pour son indépendance d’ici 2018.

« Un destin commun ne se décrète pas. Il se construit. » Ces mots sont ceux que la ministre des Outre-mer a prononcés en conclusion du colloque, organisé par la CFDT et l’Usoenc* au Conseil économique, social et environnemental, le 27 octobre. Il avait pour thème « Donner un contenu au destin commun » et entrait dans le cadre d’une formation des responsables de l’Usoenc sur la sortie de l’accord de Nouméa. Ce dernier prévoit notamment l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie entre 2014 et 2018.

Participer à l’élaboration du vivre-ensemble

Didier Guénant-Janson, secrétaire général de l’Usoenc, a fait part de ses inquiétudes : « l’éclatement des partis politiques » devenus « monocolores » ; la faible participation des citoyens aux dernières élections ; « les inégalités et la pauvreté qui frappent surtout les Kanaks », malgré une croissance économique de 5 % sur l’île. Pour lui, la société civile doit prendre une part active dans l’élaboration du destin commun à venir, quel que soit le choix que feront les Calédoniens.

« Le rôle de l’organisation syndicale n’est pas de discuter les contours institutionnels mais d’aborder les questions économiques et sociales, d’élaborer un code du travail et de débattre du type de relations sociales que veulent les syndicats », a affirmé Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. Cette dernière sera particulièrement vigilante sur toute tentative d’instrumentalisation du débat que pourrait susciter le futur référendum.

« Méfiez-vous de ceux qui aiment la guerre »

Face à l’affaiblissement des partis politiques calédoniens, Michel Rocard, ancien Premier ministre, a dit l’importance de la tâche qui attend la société civile, en s’adressant ainsi aux responsables de l’Usoenc : « Vous êtes l’usine à penser de la Calédonie de demain. » Le signataire des accords de Matignon, qui avaient mis fin aux affrontements entre Caldoches et Kanaks en 1988, a mis en garde les syndicalistes sur « les dysfonctionnements de l’économie de marché » et sur la nécessité de la « réguler pour ne pas laisser s’aggraver les inégalités. » Enfin, il les a invités à prendre en compte la diversité des peuples vivant en Calédonie mais aussi à se méfier « de ceux qui aiment la guerre et il y en a partout. »

 

dblain@cfdt.fr

*L'Union des syndicats des ouvriers et employés de Nouvelle-Calédonie

(Photo © Olivier Clément)