Lubrizol : Besoin de transparence

Publié le 16/10/2019

Trois semaines après l’incendie qui a ravagé l’entrepôt de stockage de Lubrizol de Rouen (spécialisé dans la fabrication d’additifs pour les huiles de moteur), le site est toujours à l’arrêt.

Pour les quelque 500 salariés, dont 200 en production, l’avenir est incertain. Si les salaires continuent d’être versés – des mesures de chômage partiel n’ont pour l’instant pas été envisagées par la direction du groupe américain –, la reprise de l’activité n’est pas assurée.

Dommages pour les salariés et pour l’environnement

Ce drame aux multiples conséquences génère par ailleurs de nombreuses interrogations. Du point de vue économique, la mise à l’arrêt de Lubrizol (mais également du site attenant de stockage de produits chimiques Normandie Logistique) entraîne de grands dommages, notamment pour les sous-traitants et une partie de l’économie locale. Les agriculteurs, les salariés des exploitations, des coopératives et des industries agroalimentaires de l’agglomération rouennaise et bien au-delà ont eux aussi été touchés par la suspension de leur propre production, une « mesure de précaution » du fait des retombées de suies*. L’environnement aussi va subir de lourds dommages, sans que l’on en mesure encore complètement les impacts.

Les nombreuses questions de santé publique quant à la nocivité des produits et des fumées par exemple sont loin d’avoir reçu des réponses satisfaisantes. À ce sujet, la CFDT demande que la transparente soit de mise et que soit réalisé un suivi des effets sur la santé. Plus largement, le drame questionne les politiques publiques en matière de prévention des risques industriels. Visiblement, la législation n’est pas adéquate : seize ans après sa promulgation, la loi Bachelot de 2003 sur la prévention des risques n’est que très partiellement appliquée. Et sur l’un des volets de la loi permettant d’encadrer et de sécuriser la périphérie directe des sites Seveso seuil haut, on voit que beaucoup reste à faire pour sécuriser les riverains et leurs habitations. En attendant l’avancée des différentes enquêtes lancées après la catastrophe, la Fédération Chimie-Énergie demande la création d’un bureau d’enquêtes et d’analyses spécifique aux risques industriels majeurs, à l’instar de ce qui existe dans l’aviation civile ou les transports.

epirat@cfdt.fr 

* La Fédération générale de l’Agroalimentaire demande la mobilisation des acteurs pour activer et financer des dispositifs de chômage partiel articulés avec des actions de formation.

photo : Decout / Rea