LGBT : Mettre en œuvre l’égalité en luttant contre les discriminations

Publié le 20/03/2014

Un peu moins d’un an après le vote de la loi autorisant le mariage entre personnes de même sexe, le groupe ad hoc LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres1) s’est réuni le 13 mars 2014 à la Confédération.

Constitué il y a trois ans, ce groupe qui rassemble des militant(e)s des unions régionales interprofessionnelles (Uri) et des fédérations chargés de lutter contre les discriminations « se réunit régulièrement et a aujourd’hui trouvé sa vitesse de croisière », se réjouit Ommar Benfaïd, secrétaire confédéral. Les dix militant(e)s présents – venant des URI Aquitaine, Île-de-France, Pays de la Loire, Rhône-Alpes et des fédérations FBA, F3C, PSTE, Sgen-CFDT et Uffa – ont abordé de nombreuses questions.

Comment accompagner les personnes victimes de transphobie au travail ? Au-delà de la participation aux Marches des fiertés, comment sensibiliser et outiller les équipes syndicales pour qu’elles puissent prendre en charge les personnes victimes de discriminations ? Ne faudrait-il pas aussi faire évoluer les représentations chez les syndicalistes comme chez les salariés ? À ce sujet, Marie Buard a annoncé la publication de livrets par la F3C. Axés sur des chiffres et des idées reçues, ils seront distribués en juin à l’occasion des Marches des fiertés. Dans la région Pays de la Loire, la CFDT va lancer une enquête flash sur les discriminations.

Un débat sur les discriminations à l’école

Natacha Taurisson a rappelé que le Sgen-CFDT a contribué au rapport de l’universitaire et ancien élu PS Michel Teychenné sur les violences et les discriminations commises à l’école en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Remis en juillet dernier au ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, ce rapport fera l’objet d’un débat organisé par le Sgen-CFDT dans les locaux de la Confédération le 3 avril prochain, en présence de Michel Teychenné.

Le thème des difficultés rencontrées par la population transidentitaire dans le milieu du travail a été particulièrement développé. « En transgressant les genres établis dans notre société – limités au féminin et au masculin –, ces personnes bouleversent les codes sociétaux. Très souvent, il n’est pas admis qu’une personne vive dans un genre différent de celui qui lui a été assigné à la naissance, fait observer Natacha Taurisson. Au quotidien, on demande beaucoup plus au (à la) salarié(e) qui revendique son identité de genre, on appuie sur ses faiblesses pour le (la) blesser, on entre dans son intimité en lui demandant de prouver son genre à travers son habillement, son apparence, etc. Il y a des phénomènes de dénonciation, de harcèlement, de mise au placard. Ces personnes ont besoin d’être accompagnées, en particulier au moment de leur transformation ou de leur coming out. »

Le mariage pour tous sacralise l’égalité

Secrétaire national chargé de la lutte contre les discriminations, Jean-Louis Malys a souligné qu’en trois ans la participation de la CFDT aux Marches des fiertés s’était généralisée. Ainsi, cette année, l’Organisation devrait participer à une vingtaine de manifestations dans toute la France2. Le secrétaire national a également mis en avant la revendication portée par la CFDT : le respect de l’égalité des droits. « En “sacralisant” l’égalité à l’état civil, le mariage pour tous est une avancée. Il contribue à libérer les personnes dans leur vie quotidienne », a-t-il fait remarquer.

Lieu ressource pour les équipes syndicales, le groupe LGBT va poursuivre ses réflexions sur les outils de communication, les formations et les débats à ouvrir, notamment sur la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui.

nfigarol@cfdt.fr

1. Personnes dont l’identité de genre ne correspond pas à celle que l’état civil leur a assignée à la naissance.
2. Angers, Caen et Poitiers (le 17 mai), Bordeaux, Lille et Rennes (le 7 juin), Lyon, Nantes, Toulouse et Tours (le 14 juin), Biarritz (le 21 juin), Paris (le 28 juin), Marseille (le 5 juillet), Montpellier (le 12 juillet). D’autres lieux et dates restent à préciser.