Les principales mesures du projet de loi sur l’école

Publié le 20/03/2013
Retour de la formation desmaîtres, priorité au premier degré, création de 60 000 postes … le projet de loi sur l’école adopté le 19 mars à l’Assemblée ne se limite pas à la semaine de 4,5 jours.

« Les fondations sont posées, il reste à construire l’édifice ! », c’est par ces mots que le Sgen-CFDT salue l’adoption à l’Assemblée nationale, par 320 voix contre 227, du projet de loi sur l’école. Certaines des mesures déjà connues, dont la réforme des rythmes scolaires fixée par décret fin janvier, sont précisées.  Un fonds sera créé pour aider les collectivités locales à aménager le temps périscolaire libéré par la semaine de 4,5 jours. La création des 60 000 postes supplémentaires sur 5 ans est entérinée, sur la totalité 14 000 seront affectés au primaire, 7 000 au second degré, et 27 000 pour assurer les mi-temps nécessaires aux futurs professeurs pour se former.

Le projet de loi de Vincent Peillon contient en outre une série de dispositions sur l’organisation de la scolarité et sur la formation des maîtres. Dès la rentrée 2013, les ESPE, écoles supérieures du professorat et de l’éducation, délivreront de nouveau un enseignement de la pédagogie, qui avait disparu ces dernières années de la formation des professeurs. « La remise en place d’une formation professionnelle des enseignants est une bonne chose, approuve Marie-Andrée Seguin, secrétaire nationale en charge de l’éducation. Cette réforme dans son ensemble nous semble faire repartir le dossier de l’école sur des bases que nous partageons. »

Sur le plan de l’organisation des cursus, la CFDT se satisfait également de la priorité accordée par le projet de loi au premier degré. Grâce aux postes supplémentaires le dispositif « plus de maîtres que de classes » réservé aux établissements des quartiers défavorisés, permettra la prise en charge des élèves en difficulté au sein de leur classe. Dans cette même optique de lutte pour l’égalité des chances, la maternelle devra accueillir plus largement les enfants de moins de 3 ans. L’apprentissage d’une langue vivante commencera dès le CP au lieu du CE1 actuellement.

Prévenir le décrochage scolaire

L’école primaire devra désormais doter chaque enfant d’un « socle commun de connaissances et de compétences », un principe défendu par la CFDT. « L’école doit garantir aux élèves l’acquisition de compétences qui leur permettront ensuite de s’insérer professionnellement, souligne Marie-Andrée Seguin.  C’est le seul moyen de prévenir les sorties sans qualification et le décrochage scolaire. »

Autre enjeu de la réussite scolaire, l’amélioration des transitions entre les différents paliers de la scolarité : passage en CP, 6ème, lycée, etc. Le texte de loi prévoit de faciliter l’articulation entre le CP et la 6ème par la création notamment d’un conseil « école collège ». Le redoublement, onéreux, - 40% des élèves redoublent au moins une fois pendant leur scolarité - mal vécu par les élèves et inefficace, sera réservé aux cas exceptionnels.

C’est sur le volet de l’orientation que la CFDT trouve le moins son compte. La revendication de laisser le dernier mot aux parents en fin de 3ème n’a pas été entendue, et les règles du jeu de l’orientation restent fixées par l’Education nationale. « Nous ne voyons pas dans cette réforme la mise en œuvre d’un service public d’orientation territorial, qui associerait différents acteurs dont l’Education nationale et permettrait de créer le lien entre l’école et l’emploi », souligne Marie-André Seguin. Le Sénat examinera à son tour le projet de loi à partir du 21 mai.

mnaelchaninoff@cfdt.fr