La refondation de l’école passe aux travaux pratiques

Publié le 09/09/2013
Les premiers textes de loi issus de la refondation de l’école entrent en application dans les établissements dès à présent. Le Sgen-CFDT a souligné lors de sa conférence de presse de rentrée les avancées obtenues et pointé les dossiers à ouvrir.

Dans le cadre de la refondation de l’école, la priorité est allée au premier degré, le maillon le plus fragile du système scolaire et le plus générateur d’inégalités. Selon le ministère de l’éducation nationale, 3 350 enseignants supplémentaires ont été nommés dans le premier degré pour cette rentrée 2013, 4 200 dans le secondaire. En tout, 54 000 postes tous types d’emplois confondus doivent être créés dans les 5 ans à venir. Pour rappel, 80 000 emplois avaient été supprimés lors du précédent quinquennat.  

Des conseils école-collège

Dans le primaire, la mise en place du principe de « plus de maîtres que de classes », favorisera la prise en charge des élèves en difficulté à l’intérieur de la classe grâce à la présence d’un second enseignant. Les établissements en zone prioritaire sont les premiers ciblés par cette mesure ainsi que par la scolarisation des moins de 3 ans. Des conseils école-collège seront créés pour une meilleure articulation entre les deux niveaux d’enseignement, comme l’avait préconisé la CFDT, et rendre cette transition, facteur de difficultés scolaires, plus fluide pour les élèves. La question de la gouvernance des écoles primaires toutefois reste entière, le Sgen-CFDT souhaite la création d’un vrai statut d’établissement public du premier degré, qui aujourd’hui n’existe pas.

    
Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT    

La réforme des rythmes

La réforme ne concerne aujourd’hui qu’un écolier sur 5 mais le retour à la semaine de 4 jours et demi deviendra la règle pour tous à la rentrée 2014. Plus de 4 000 villes ont choisi d’appliquer la réforme dès 2013 et ont travaillé sur leur offre périscolaire. Il était devenu urgent d’alléger la journée de travail des élèves et par là-même celle des enseignants. « D’après le sondage que nous avons réalisé en juin 2013 dans les écoles du premier degré, 40% de nos collègues ont été consultés et il a été tenu compte au moins en partie de leurs revendications,» note Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT.  Avec 144 jours de classes par an, la France était situé bien après de nombreux pays de l’OCDE qui comptent en moyenne 187 jours d’école par an.

Le retour de la formation professionnelle pour les enseignants

Les Espé, (écoles supérieures du professorat et de l’éducation), après une « gestation douloureuse et chaotique » selon le Sgen, due à la concurrence entre les universités chargées de les créer et au délai très court pour élaborer les maquettes de formation, sont enfin prêtes à accueillir les futurs enseignants et conseillers d’éducation. « Aujourd’hui tous les Espé sont accrédités, précise Chantal Demonque, secrétaire nationale du Sgen-CFDT en charge du supérieur et de la formation des enseignants. Nous avons obtenu qu’un comité de suivi soit instauré pour surveiller les éventuelles difficultés de fonctionnement des Espé

Négo à venir sur les métiers

« Pour être durable, la refondation de l’école doit s’accompagner d’une transformation des métiers et les obligations de service des enseignants doivent être redéfinies » a indiqué Frédéric Sève. Une négociation sur ce sujet va s’ouvrir dès cet automne. « Nous portons depuis longtemps la revendication d’un service « toutes tâches comprises », explique le secrétaire général du Sgen-CFDT, pour que l’ensemble des tâches soit reconnues et pour tenir compte de la réalité des conditions de travail, qui n’est pas la même selon le lieu et le type d’établissement. »

Des missions modulaires

Une forme de modularité pourrait être instaurée tout au long de la carrière. « Il faut admettre que les enseignants puissent choisir de privilégier  certaines tâches : le face à face avec la classe, le travail collectif, le pilotage de l’établissement, l’accompagnement à l’orientation, la formation, le tutorat, les relations avec les parents etc. » Pourquoi ne pas s’inspirer de la carrière des enseignants du supérieur, qui consacrent une période de leur carrière aux publications et à la recherche et une autre à l’enseignement ? « On n’a pas les mêmes contraintes ni les mêmes envies selon les moments de sa vie personnelle, explique Franck Loureiro, secrétaire national en charge du supérieur, et cette souplesse dans un cadre réglementaire commun apporterait de la liberté aux individus et aux collectifs ». Cette transformation doit s’accompagner d’une réforme de l’évaluation des personnels, « pour en finir avec une notation infantilisante et contre-productive » selon le Sgen.

Carrière et rémunération

De vraies évolutions de carrière devraient pouvoir être proposées afin de répondre aux attentes des enseignants. Selon une enquête réalisée en juin par la fédération auprès des personnels du premier degré, 30% d’entre eux expriment un souhait de mobilité, aujourd’hui impossible à réaliser en raison de l’étanchéité des différents corps. Une meilleure équité dans les rémunérations des enseignants des premier et second degrés de l’enseignement général et professionnel est également demandée par le Sgen-CFDT.  La négociation annoncée doit démarrer courant septembre et s’achever en février prochain au plus tard.

 

 mneltchaninoff@cfdt.fr