Donner sa chance à la réforme du collège

Publié le 19/05/2015

Ce 19 mai, les fédérations d'enseignants CFDT du public et du privé n'ont pas appelé à la grève contre la réforme du collège. Le secrétaire général du Sgen-CFDT Frédéric Sève nous explique pourquoi.

La CFDT n’a pas appelé à la grève contre la réforme du collège le 19 mai. « Cette réforme prend le parti du collège unique et égalitaire, l’alternative ce serait une école à deux vitesses dont nous ne voulons pas et que nous dénonçons » , explique Frédéric Sève, secrétaire général du Sgen-CFDT. Selon les fédérations Sgen et Fep-CFDT, qui représentent les enseignants et les personnels du public et du privé, la réforme du collège portée par la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem va dans la bonne direction.

Devant les résultats catastrophiques d’une école devenue profondément inégalitaire, il était urgent de réformer. Toutes les études confirment le déclin du collège. La dernière en date, publiée le 17 mai par le ministère de l’Éducation nationale montre que le niveau des collégiens en mathématiques s’est nettement dégradé en six ans. Aujourd’hui, un élève de troisième sur cinq n’est pas capable de résoudre un problème de mathématiques de CM2. Les moins bons résultats sont obtenus par les élèves de familles socialement défavorisées.

“La réforme reprend des pratiques innovantes déjà testées sur le terrain”

« L’ADN de cette réforme, c’est la confiance faite aux équipes dans les établissements », approuve Frédéric Sève. L’autonomie des établissements est renforcée, les équipes enseignantes organiseront 20 % de l’emploi du temps des élèves en fonction de leurs besoins. « Cette réforme reprend des pratiques pédagogiques innovantes inventées par des collègues sur le terrain, explique le secrétaire général du Sgen, elle les valide et leur donne un cadre. Cette avancée sur l’autonomie des équipes éducatives est très précieuse à nos yeux, nous l’avons obtenue par la négociation. » Des emplois du temps plus souples et un accompagnement personnalisé (trois heures par semaine pour les classes de sixième, une heure dans les classes suivantes) visent à aider les élèves, en particulier les moins soutenus par leur environnement familial. Les projets collectifs menés dans le cadre des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires), prévus trois heures par semaine, permettent des apprentissages plus concrets, dans lesquels les élèves peuvent davantage s’impliquer.

Pour rappel, la réforme du collège a été adoptée à une large majorité (50 voix pour, 25 contre) le 10 avril par le CSE (Conseil supérieur de l’éducation), composé des représentants des organisations syndicales, des associations de parents d’élèves, des associations de lycées et étudiants, et des collectivités territoriales. Les grands axes de la réforme du collège étaient d’autre part inscrits dans le texte sur la refondation de l’école débattu au Parlement et adopté le 25 juin 2013.

Les fédérations enseignantes de la CFDT souhaitent « donner sa chance à la réforme ». Elles sauront toutefois se montrer exigeantes sur les conditions de sa mise en œuvre prévue pour la rentrée 2016. 

mneltchaninoff@cfdt.fr

© Photo Thierry Nectoux - chambrenoire.com