Des propositions pour prévenir et guérir par le sport

Publié le 22/03/2012 à 00H00 (mis à jour le 23/03/2012 à 09H53)
L'Imaps, la MGEN, la FFA et la CFDT présentent quatre mesures phare en faveur de l'activité physique et sportive.

« Imaginez qu’il existe un médicament qui à la fois limiterait les problèmes cardiaques, ralentirait le vieillissement, nous rendrait plus forts, plus joyeux, moins fragiles face à la dépression ou aux infections, nous préserverait des maladies chroniques et atténuerait celles qui nous handicapent au quotidien… Imaginez que ce médicament ait peu d’effets secondaires et – incroyable ! – qu’il ne creuse pas le trou de la Sécurité sociale ! » Jean-Pierre Davant, président de l’Imaps (Institut mutualiste de la promotion de l’activité physique et sportive) et président de la Mutualité française jusqu’en décembre 2010, se fait volontiers provocateur. Puis, répondant à sa propre question, il précise : « Non, le médicament miracle n’existe pas. En revanche, l’activité physique ou sportive (APS) a toutes ces vertus, et bien d’autres encore. »

Sensibiliser sur un sujet capital de santé publique

Des études scientifiquesreconnues (retrouvez leurs références dans le dossier de presse en ligne) portant sur trois affections de longue durée (ALD) le confirment : d’une part, la pratique d’une activité réduit de 50 % le risque de rechute chez les patients atteints de cancer du sein ou du côlon, et de moitié le coût total des soins de santé pour les diabétiques ; d’autre part, ces réductions de dépenses s’élèveraient à 154 millions d’euros par an pour les médicaments des patients souffrant d’insuffisance respiratoire chronique grave. C’est pourquoi l’Imaps et trois partenaires, au premier rang desquels la CFDT, profitent de la campagne présidentielle afin de sensibiliser les candidats à ce sujet majeur de santé publique, en présentant « Prévenir et guérir par l’activité physique ou sportive. 4 propositions pour une alternative au tout médicament ». C’est ainsi que, le 8 mars, dans les locaux de la MGEN, ont été présentées ces propositions qui, selon Jean-Pierre Davant, devraient représenter une « alternative crédible au tout-médicament, trop répandu en France » – avec pour conséquences que « notre système de santé va mal et que toutes les propositions pour tenter de l’adapter depuis vingt ans se sont heurtées à un terrible conservatisme ».

Invité à entamer cette conférence, Alain Calmat, ex-sportif de haut niveau, médecin et président de la commission médicale du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), a insisté sur le fait que l’ensemble des disciplines sportives peuvent être pratiquées quel que soit l’état de santé des individus… avec toujours un effet bénéfique sur la santé.

Statistiques à l’appui, l’Imaps propose une « participation des régimes obligatoire et complémentaires aux frais liés à la pratique d’une activité physique ou sportive encadrée, pour raisons médicales, adoptée par les patients en affection de longue durée. » Et de justifier économiquement cette proposition : selon des chiffres de 2009 de la CnamTS (Caisse nationale de l’assurance-maladie des travailleurs salariés), 16 % de la population est victime d’ALD, lesquelles repré­sentent 60 % des dépenses de soins, soit 65 milliards d’euros par an. Or une personne en ALD pratiquant régulièrement une activité sportive « permet au système de santé d’économiser 250 euros par an ». De fait, la proposition de l’Imaps d’une participation forfaitaire de 150 euros par an autoriserait une économie annuelle de 56,2 millions d’euros pour les seuls patients atteints de cancer, de diabète ou d’insuffisance respiratoire chronique grave.

Bernard Amsalem, le président de la Fédération française d’athlétisme (FFA), demande quant à lui « la création pour tous d’un crédit d’impôt sous la forme d’un “chèque sport” ou la déduction fiscale des frais d’inscription à un club de sport fédéral », en insistant notamment sur les bienfaits que procurent de nouvelles disciplines comme la marche nordique. Pour sa part, la MGEN préconise la « création d’un observatoire de la condition physique des élèves, du collège au lycée » et précise qu’il est fortement souhaitable de développer l’évaluation des capacités physiques des élèves dans le cadre d’une politique d’éducation à la santé de grande ampleur.

Les propositions émises par la CFDT

Invité à présenter la proposition portée par la CFDT, François Chérèque a tout d’abord tenu à rappeler la légitimité d’une organisation syndicale sur un tel sujet : « L’augmentation de la durée de travail nécessite que les salariés seniors restent le plus longtemps possible en bonne santé. De même, la lutte contre la dépendance passe notamment par le retardement des effets négatifs de l’âge. Dans les deux cas, la pratique sportive est bénéfique. » Or il existe de très fortes disparités d’accès au sport entre les salariés, qu’elles soient liées aux aspects financiers, géographiques, sociaux ou culturels.

Pour tenter d’y remédier, « la CFDT propose que, dans le cadre de la couverture complémentaire santé qu’elle souhaite voir se généraliser à tous les salariés, les contrats collectifs de prévoyance santé négociés dans les entreprises puissent promouvoir des actions de prévention de la santé ». Dans ce dessein, François Chérèque propose de « réfléchir au rôle accru que peuvent jouer les comités d’entreprise dans l’accompagnement de la pratique d’une activité physique ou sportive à travers leurs activités sociales et culturelles – soit en proposant une offre interne à l’entreprise, soit en organisant le lien avec des structures externes, et en particulier les fédérations sportives ».

 
 
 
Imaps, quèsaco ?

Société issue du mouvement mutualiste et dédiée à la promotion du sport santé), l’Imaps a vocation d’inventer des outils de prévention santé par l’activité physique ou sportive auprès des entreprises, mutuelles et assurances, fédérations sportives et collectivités territoriales.

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