Avec la plate-forme Union nous voulons “créer une communauté CFDT des indépendants”

Publié le 09/04/2020

Marylise Léon, la secrétaire générale adjointe de la CFDT explique les raisons de la création de la plate-forme Union qui doit notamment permettre à la CFDT et à ses militants d'etre présents aux côtés des travailleurs indépendants, qui pour l’instant, ne bénéficient d’aucune représentation collective.

La CFDT lance cette semaine une plate-forme d’informations et de ressources à destination des travailleurs indépendants. De quoi s’agit-il plus précisément ?

Cette initiative est en fait l’aboutissement de la décision prise au dernier Congrès de Rennes en 2018, qui était de représenter l’ensemble des travailleurs, notamment les free-lance, les travailleurs des plates-formes, etc. Autant de nouvelles formes d’emploi qui, jusqu’à présent, étaient restées un peu « sous les radars » des organisations syndicales de salariés, telles que la nôtre. Et dont les problématiques spécifiques n’étaient en tout cas pas suffisamment prises en compte. Union s’est donc donné pour ambition d’être la communauté CFDT des indépendants : autoentrepreneurs, « solos », mais aussi « slasheurs », c’est-à-dire ceux qui cumulent une activité salariée et une activité indépendante (graphistes, cuisiniers, services à la personne, coachs sportifs, etc.). Et dont certains peuvent être déjà adhérents à la CFDT. Nous nous adressons à tous les indépendants, exceptés ceux qui dépendent d’un Ordre (avocats, médecins, kiné, ou infirmières en libéral, etc.). En revanche, certains travailleurs se sont d’ores et déjà constitués en collectif, comme les VTC par exemple : ceux-ci peuvent donc tout à fait adhérer à Union et y retrouver un collectif.

A quels services et quelles ressources les indépendants pourront-ils avoir accès grâce à cette plate-forme ?

L’idée est de construire et de renforcer progressivement l’offre de services en fonction des besoins, des demandes et des spécificités des professions. Nous travaillons avec plusieurs de nos fédérations, -Transports, Services, Communication Conseil Culture, etc.- à élaborer ces services. Pour les VTC, que la fédération des transports accompagne déjà depuis longtemps, nous construisons par exemple une offre « sur mesure », avec des partenaires, qui concernera la protection sociale dont la couverture complémentaire santé, la couverture des risques professionnels spécifiques… Pour d’autres professions, nous pourrons proposer des aides pour la comptabilité, pour les aspects administratifs de l’activité. Nous aurons également un espace de conseil, d’orientation et de mise en relation. Dans la crise sans précédent que nous traversons, les indépendants sont économiquement très durement frappés. Nous pourrons ainsi les renseigner sur les aides auxquelles ils peuvent avoir droit,  les diriger vers des interlocuteurs particuliers pour traiter de leurs problèmes. Depuis le début de la crise, nous tenons à ne laisser aucun salarié ou agent seul face à ses difficultés. Nous souhaitons être aussi présents aux côtés de ces travailleurs, qui pour l’instant, ne bénéficient d’aucune représentation collective.

Est-ce à dire qu’Union a pour ambition de devenir une sorte de « syndicat des indépendants » ?

Nous avons en tout cas vocation à leur offrir un cadre dans lequel travailler à leur représentation collective. Car outre des aides et des services, Union souhaite être un espace d’expression pour faire émerger des revendications. Que ces travailleurs puissent eux-mêmes contribuer à construire leurs propres revendications, pour renforcer le socle de leurs droits et de leurs protections, encore quasi inexistant. Reconnaissons que ces nouvelles formes d’emploi restent largement un « nouveau Far West », avec un manque total de garanties et de protection sociales et juridiques. Cela est en train de changer. C’est d’ailleurs l’enjeu de la Commission Frouin, qui doit rendre des recommandations pour une meilleure représentation de ces travailleurs, et pour laquelle la CFDT a été auditionnée. Union souhaite en tout cas donner l’opportunité de cette structuration collective.

Propos recueillis par epirat@cfdt.fr 

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