Adresse aux candidats : la rencontre de François Chérèque avec Jean-Luc Mélenchon

Publié le 25/04/2012 à 00H00 (mis à jour le 30/04/2012 à 00H00)
« Ni neutres, ni partisans. » C'est sur ce mot d'ordre que la CFDT s'est engagée dans la campagne présidentielle. Après avoir publié, à la fin du mois de janvier, l'adresse aux candidats qui interpellent ceux-ci sur les thèmes chers à la CFDT, son secrétaire général, François Chérèque et la secrétaire nationale chargée des relations avec les politiques, rencontrent un à un ceux qui prétendent à la mandature suprême. Compte-rendu des échanges avec le candidat du du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

En ouverture de l’échange le 30 mars 2012, François Chérèque a souligné que la CFDT partageait des constats du Front de gauche sur les préoccupations des Français, sur les inégalités, mais que nous avions nombre de divergences sur les solutions proposées.

Ainsi, sur la fiscalité, Jean-Luc Mélenchon souligne un désaccord sur la réforme du Quotient familial, justifié par l’attachement du PCF à ce que le « Quotient familial reste un droit universel » tout en précisant son accord sur le principe d’une progressivité.

S’agissant des salaires, le candidat voudrait que soit mené un débat sur les écarts de salaires qu’il veut réduire de 1 à 20 en se référant à la position de la CES. François Chérèque précise que la position de la Confédération européenne des syndicats s’inscrit nécessairement dans le cadre d’une harmonisation des écarts de salaires européens.

Concernant la réforme systémique des retraites, Jean-Luc Mélenchon souligne que la réforme par points n’est pas populaire dans ses rangs. François Chérèque explique en quoi le système actuel est favorable aux hommes de plus de 50 ans au parcours professionnel linéaire mais crée des vides de solidarité pour les autres salariés (parcours hachés…).

Le candidat justifie son refus d’une réforme systémique au motif qu’il s’agirait d’un basculement dans l’assurantiel. Au vu des précisions apportées par François Chérèque de la sauvegarde du système par répartition dans le cadre d’une réforme systémique, Jean-Luc Mélenchon s’est dit près à regarder la position de la CFDT.

Par ailleurs, François Chérèque porte l’attention du candidat sur la prise en compte à 70 % des années d’études dans la durée de cotisations. Cette mesure associée au développement d’allocations pour les étudiants viendrait privilégier de manière injuste une catégorie socioprofessionnelle, en l’occurrence les cadres supérieurs.

L’échange sur le thème des retraites se clôt par un point d’accord sur le fait que « notre système de retraites ne convient pas aux salariés qui entrent sur le marché du travail aujourd’hui ».

La CFDT explique sa demande de reconnaissance de la place de la démocratie sociale dans la constitution. Il ne s’agit pas d’obtenir la primauté du contrat sur la loi mais le respect des rôles respectifs des partenaires sociaux et du législateur.

Sur cet éclaircissement Jean-Luc Mélenchon souligne que s’il s’agit de l’obligation constitutionnelle de négocier et que « force reste à la loi », la position de la CFDT peut s’entendre. Il a néanmoins réaffirmé reste sa position sur le strict respect de la hiérarchie des normes.

Il est acté que la CFDT et le Front de gauche ne portent « pas une vision commune de l’Europe ».

Tout en critiquant son coût, Jean-Luc Mélenchon juge l’existence de l’Euro importante pour pouvoir fixer un salaire européen minimum.

Enfin, le candidat du FG affirme que le programme du Front de gauche s’est enrichi d’une réflexion sur l’écologie, qui n’est pas compatible avec les théories de la décroissance : c’est aux salariés de devenir « la classe écologiste du politique ».

Anne-Florence Quintin

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