Adresse aux candidats : la rencontre de François Chérèque avec François Bayrou

Publié le 20/03/2012 à 00H00 (mis à jour le 21/03/2012 à 17H16)
« Ni neutres, ni partisans. » C'est sur ce mot d'ordre que la CFDT s'est engagée dans la campagne présidentielle. Après avoir publié, à la fin du mois de janvier, l'adresse aux candidats qui interpellent ceux-ci sur les thèmes chers à la CFDT, son secrétaire général, François Chérèque et la secrétaire nationale chargée des relations avec les politiques, rencontrent un à un ceux qui prétendent à la mandature suprême. Compte-rendu des échanges avec le candidat du Modem, François Bayrou.

Le 21 février dernier, c’était le tour de François Bayrou, candidat du Modem (Mouvement démocrate). Celui-ci a détaillé les mesures qu’il mettrait en œuvre « Pour répondre au présent » comme l’y incitait le document de la cfdt : réforme des retraites par points en intégrant la pénibilité, voire le temps d’engagement bénévole ; réforme fiscale portant une tranche à 50 % pour les revenus de plus de 250 000 euros, réforme de la politique familiale, qu’il n’a cependant pas détaillée. S’agissant de la compétitivité, il a déclaré envisager de mener une stratégie nationale par filières et appelle à « ne pas laisser faire de la compétitivité un problème de coût du travail », prenant l’exemple de la Suisse où le coût du travail est de 25 % supérieur à la France pour l’entreprise.

François Chérèque a interpellé le candidat du modem sur le « Made in France », en soulignant qu’il ne devait pas masquer son engagement européen.

Concernant les engagements « Pour préparer l’avenir », François Bayrou a affirmé l’importance prépondérante des politiques d’éducation et de formation. Interrogeant le candidat sur le budget de l’État, François Chérèque lui a demandé de préciser – ce qui ne figure pas dans son programme – où il supprimerait des dépenses. François Bayrou a alors insisté sur la responsabilité des partenaires sociaux dans la gestion des régimes sociaux : « C’est à vous de prendre le bistouri des dépenses et pas à l’exécutif d’opérer seul. » Il créerait par ailleurs une Haute autorité de lutte contre la fraude – aux cotisations – à la Sécurité sociale en espérant retrouver 20 milliards d’euros.

Concernant la gouvernance des entreprises, François Bayrou propose que les salariés soient représentés au Conseil d’administration avec droit de vote. Les comités d’entreprises doivent devenir le lieu de négociation.

S’agissant du contrat de travail, François Bayrou considère que le CDI est le contrat normal et sa rupture doit uniquement donner lieu au versement d’indemnités proportionnelles au temps passé dans l’entreprise. L’idée du compte individuel formation doit être approfondie. François Chérèque incite François Bayrou à préciser publiquement quelles sont ses intentions sur la simplification de la rupture du contrat et la portabilité de certains droits pour le salarié.

Quant au volet « Pour faire vivre la démocratie et construire un pacte social », François Bayrou souhaite que la campagne présidentielle ne leurre pas les Français sur les contraintes économiques de la France. Il considère que cette expression ne peut pas être assumée par un pouvoir politique seul, et par un bord seul. « Cela suppose que soit avancé devant les Français de manière non partisane et non politique les difficultés qui sont devant nous. »

 

Marielle de Sarnez et Francis Vanlerberghe, représentants du Modem, Laurence Laigo, secrétaire nationale, et Anne-Florence Quintin, secrétaire confédérale, ont également participé à cette rencontre.

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