Adresse aux candidats : la rencontre de François Chérèque avec Éva Joly

Publié le 21/03/2012 à 00H00 (mis à jour le 23/03/2012 à 16H01)
« Ni neutres, ni partisans. » C'est sur ce mot d'ordre que la CFDT s'est engagée dans la campagne présidentielle. Après avoir publié, à la fin du mois de janvier, l'adresse aux candidats qui interpellent ceux-ci sur les thèmes chers à la CFDT, son secrétaire général, François Chérèque et la secrétaire nationale chargée des relations avec les politiques, rencontrent un à un ceux qui prétendent à la mandature suprême. Compte-rendu des échanges avec Eva Joly.

Le 9 mars 2012, c’était au tour d’Eva Joly, candidate Europe Écologie-Les Verts de rencontrer François Chérèque. C’est la seule, à ce jour, à avoir répondu par écrit à l’Adresse de la CFDT.

La candidate a mis en avant son modèle de conversion écologique, apte à créer selon elle un million d’emploi. Et indiqué qu’elle avait la volonté de donner toute sa place à la société civile dont les syndicats, citant en exemple son « autre patrie », la Norvège.

François Chérèque a repris les grands axes que la CFDT entend promouvoir dans la campagne, en soulignant les points d’accord et de désaccord.

Sur la cohésion sociale, il y a accord sur la nécessité d’une réforme fiscale qui conduise à une progressivité plus forte, mais désaccord sur la proposition d’Eva Joly de fusionner CSG et impôt sur le revenu. La candidate a lancé l’idée de ne financer la Sécurité sociale que par l’impôt, un sujet qui fait débat dans les rangs même d’Europe Écologie-Les Verts.

Sur la protection sociale, la CFDT a rappelé sa volonté de remettre à plat les retraites pour engager une réforme systémique. Dans sa réponse écrite, Eva Joly décrit un retour simple au droit à la retraite à 60 ans pour tous, dans le cadre d’une « conférence nationale sur le temps de travail tout au long de la vie ».

Concernant le développement et la compétitivité, la CFDT a rappelé son soutien à un nouveau mode de développement capable de conjuguer l’économique, le social et l’environnemental, dans le cadre d’une relance européenne et d’une nouvelle approche de la compétitivité des entreprises avec un investissement important dans l’éduction, la formation et la qualité des emplois. Des préoccupations partagées par la candidate, en particulier sur le rôle de l’Europe.

Sur le nucléaire plus spécifiquement, la CFDT a souligné son désaccord sur une sortie pure et simple prônée par la candidate. Éva Joly a néanmoins souligné que les positions n’étaient pas si éloignées, dans la mesure où il faut d’abord passer par une baisse progressive avant d’arriver à une sortie totale, qu’il faut augmenter la part des investissements dans la recherche dans les énergies renouvelables. Elle a indiqué être favorable à un « revenu de transition écologique » qui permettrait aux salariés concernés de bénéficier de formations pour s’adapter aux nouveaux secteurs. La CFDT a rappelé qu’il fallait répondre aux angoisses légitimes des salariés du secteur à qui l’ont programme la fin de leur entreprise.

De nombreux autres thèmes ont été abordés : médecine du travail, médecine scolaire, 35 heures… Éva Joly a indiqué que la question de la souffrance au travail devait faire l’objet d’une attention particulière, le lieu de travail devant être aussi un lieu d’épanouissement.

Sur la démocratie sociale et la place des partenaires sociaux : la réponse écrite d’Eva Joly renvoie au droit actuel sur la place des partenaires sociaux, même si elle souhaite accorder un rôle accru aux organisations syndicales dans les entreprises, notamment en leur attribuant 50 % des places dans les conseils d’administration, et en renforçant le pouvoir des IRP. Elle s’est déclarée très « sceptique » sur une constitutionnalisation du rôle des partenaires sociaux. Mais elle serait d’accord pour rendre inconstitutionnelle la promulgation d’une loi sociale qui ne serait pas passée par une phase de négociation.

Eva Joly était accompagnée de Jérôme Gleizes (membre du bureau exécutif d’EELV, délégué au projet), Pascal Durand (porte-parole d’EELV), Dominique Voynet, et Pascal Canfin (député européen).

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