[Vidéo] Journée internationale des droits des femmes : La place des femmes dans la société

Publié le 10/03/2017 (mis à jour le 13/03/2017)

Mix’Idées, l’événement organisé le 8 mars 2017 par la CFDT à l’occasion de la journée des droits des femmes, a rassemblé plus de 800 personnes. Tables rondes et ateliers ludiques ont permis à toutes et tous de repartir la tête pleine de nouvelles idées d’action.

           

Tout commence à l’échographie. Dès le moment où l’on découvre le sexe de l’enfant à naître, les dés sont jetés. « La chambre sera peinte en rose ou bleu, les vêtements et les jouets ne seront pas les mêmes… » Marie-Andrée Seguin, secrétaire nationale responsable de l’égalité professionnelle, a lancé la journée Mix'Idées en retraçant le parcours de vie des femmes et la façon dont les inégalités se construisent au fur et à mesure de choix biaisés par les représentations sociales.

Les emplois à temps partiel sont occupés à 80% par des femmes

L’orientation scolaire, le choix d’un métier ou d’un emploi à temps partiel, les interruptions de carrière liées à la maternité ne jouent pas en faveur de l’égalité professionnelle. Et les chiffres le confirment, sans grande amélioration d’une année à l’autre. Les jeunes filles privilégient à 75% les filières de lettres et sciences humaines, quand 25% seulement d’entre elles se destinent aux études scientifiques, qui débouchent sur des carrières plus rémunératrices ; les emplois à temps partiel sont occupés à 80% par des femmes. Moyennant quoi les femmes gagnent 24% de moins que les hommes, selon l’Insee en 2014, et touchent une retraite de 42% inférieure à celle des hommes. La charge de la parentalité incombe encore majoritairement aux mères. « Malgré les évolutions positives notées dans les jeunes générations, les femmes continuent d’assumer une grande partie du travail domestique et parental auquel elles consacrent en moyenne une journée pleine par semaine », a déploré Marie-Andrée Seguin.

La secrétaire nationale a toutefois rappelé que le combat de la CFDT pour améliorer l’égalité professionnelle a porté ses fruits sur plusieurs points. La durée hebdomadaire du temps partiel, qui ne peut plus être inférieure à 24 heures, en fait partie. Autre avancée, le congé parental pour le premier enfant est porté de 6 mois à un an, à condition que le deuxième parent le prenne (de deux ans et demi à 3 ans, dont 6 mois pour le père, pour les enfants suivants). Encore faudrait-il comme le réclame la CFDT, mieux rémunérer ce congé afin d’encourager les pères à utiliser ce droit.

Après avoir pris la mesure des progrès restant à accomplir, les participants ont choisi leur propre parcours tout au long de la journée. Différents ateliers organisés par les fédérations et les unions régionales de la CFDT permettaient d’échanger de manière ludique et pédagogique autour d'une thématique et de piocher des idées d'action : conditions de travail des femmes à l’hôpital ; théâtre forum sur la question du sexisme ; la place des femmes dans le secteur du BTP ou du numérique ; comment lutter contre le cyber-sexisme, etc.

“Ces droits ne seront jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.”

Un atelier sur l'écriture inclusive – qui vise par exemple à féminiser les titres et fonctions quand il y a lieu et à éviter de recourir au masculin quand une forme plus neutre est possible – n'a pas désempli de la journée. Les tables rondes ont porté sur les réseaux de femmes – notamment le réseau CFDT’Elles développé dans plusieurs entreprises de la fédération chimie-énergie (FCE) –, sur la place des femmes dans l’encadrement avec la participation de la CFDT cadres, ou encore sur la mixité à l’intérieur même de l’organisation, avec le retour d’expérience d’actions menées par les Unions régionales Midi-Pyrénées et Île-de-France. Un débat a mis en évidence la nécessité de renforcer la mixité dans les métiers de la petite enfance, afin de rendre le secteur plus attractif, au bénéfice de tous, et de permettre aux filles comme aux garçons d’identifier les métiers du « care », (soin) aussi bien à des figures masculines que féminines. À l’issue de la journée, Laurent Berger est intervenu en rappelant l’engagement de la CFDT, « organisation résolument féministe », dans le combat pour les droits des femmes et en citant Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne seront jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

mneltchaninoff@cfdt.fr

     

Promouvoir la mixité à la CFDT

Quid de la place des femmes dans la société, le monde du travail… et l’organisation ? « Le monde syndical est un milieu genré, et la première chose à faire est d’en prendre conscience, a souligné Frédéric Sève, le secrétaire national chargé des questions de société. Nous avons certes à la CFDT une commission exécutive confédérale paritaire, mais nous connaissons dans nos instances les mêmes problèmes de raréfaction des femmes au fur et à mesure que l’on s’élève dans la prise de responsabilités. » Un adhérent sur deux est une femme mais seulement un militant sur trois et moins d’un quart dans les exécutifs. Les récentes évolutions législatives aideront peut-être à y remédier. « La mixité proportionnelle des listes est obligatoire depuis le 1er janvier, a rappelé Marie-Andrée Seguin, secrétaire nationale chargée de l’égalité professionnelle. La CFDT compte 48 % de femmes, on ne peut pas dire qu’il n’y en a pas ! » Encore faut-il savoir susciter les vocations. Une initiative menée par l’Uri Île-de-France se révèle riche en enseignements. « Nous avons constaté que les femmes représentent 50 % des adhérents d’Île-de-France, mais seulement 35 % des titulaires de mandats pro ou interpro », confirme Christophe Dague, secrétaire général de l’Union départementale de Paris. L’habitude bien ancrée de la cooptation ne favorise pas les candidatures féminines. Les adhérentes méconnaissent les possibilités de s’investir autrement que dans la section d’entreprise. Aussi, la CFDT-Île-de-France a-t-elle décidé de contacter par mail les 19 000 adhérentes franciliennes, avec l’accord de leurs syndicats, afin de leur poser une question simple : « Souhaitez-vous vous investir dans la CFDT ? »

Le volontarisme paye

Sur les 700 réponses reçues, 300 ont été positives. Cent adhérentes ont ainsi été conviées à une information collective sur les différents mandats (conseiller du salarié et prud’hommes, représentant à la caisse d’allocations familiales ou caisse primaire d’assurance-maladie), suivie d’entretiens individuels afin de cerner les aspirations des candidates. Aujourd’hui, 35 femmes issues de ce programme représentent la CFDT dans diverses instances. Preuve qu’un peu de volontarisme ne nuit pas.