"Pour exercer le métier de grutier, il faut savoir... gueuler"

Publié le 08/02/2013
La CFDT Construction Bois et la Confédération ont réuni des militants le 31 janvier pour mettre en question les obstacles à la mixité des emplois.

 « Pourquoi dit-on « métier d’homme » ? Un métier, c’est un métier ! » Cette judicieuse remarque d’une militante de la CFDT Construction Bois (FNCB) révèle à quel point les stéréotypes de genre sont persistants. Partant de cette division sexuée du travail, la FNCB et la confédération ont souhaité sensibiliser les équipes syndicales à la nécessité de déconstruire les conditionnements sociaux. Et ce, a fortiori dans un secteur professionnel où la proportion des hommes est très importante.

Faut-il le souligner ? Dans le monde du travail en général, les femmes ne sont présentes que dans 12 familles professionnelles sur plus de 80. Dans le BTP, les femmes ne représentent que 11% des 1 800 000 salariés, et seulement 1,6% des ouvriers. Quels sont les obstacles à la mixité des emplois et comment modifier les regards ? A l’invitation de la FNCB et de la confédération, une trentaine de militant(e)s ont réfléchi à ces questions le 31 janvier.

S’interrogeant sur le métier de grutier, les analyses du groupe d’hommes et du groupe de femmes ont convergé, notamment sur la nécessité de lutter contre les comportements sexistes, développer l’orientation professionnelle et faciliter l’accès des filles à la formation à ce métier. Parmi les qualités requises, les hommes ont cependant mis en avant qu’il fallait savoir « gueuler ». Une remarque en apparence anodine, qui a suscité le débat. Est-il normal de devoir s’imposer pour obtenir les outils nécessaires à sa fonction ? Ne faut-il pas plutôt se poser la question de l’amélioration des conditions de travail, que la présence des femmes peut justement permettre en induisant des changements de comportements ? Le débat est loin d’être fini !