« Le sport est un moyen d'intégration »

Publié le 03/04/2012 à 00H00
La CFDT et la fédération française Handisport (FFH) ont signé un accord de partenariat, le 22 février dernier. François Chérèque et Gérard Masson, président de la FFH, expliquent le sens et les objectifs de cet engagement commun. Interview croisée.

Pourquoi la CFDT a-t-elle décidé de s’impliquer aux côtés de la fédération Handisport ?
François Chérèque. Ce partenariat s’inscrit dans un travail initié depuis longtemps par la CFDT pour favoriser l’insertion, le maintien dans l’emploi des personnes handicapées et la défense de leur citoyenneté. C’est donc un prolongement de notre action. Rappelons aussi tout l’intérêt que la CFDT porte au sport et au handisport. Et réciproquement: récemment, ce sont cinq syndicats d’entraîneurs (football, rugby, handball, basket et arts martiaux) qui ont été affiliés. 

Pour la FFH, quel sens et quels objectifs à ce partenariat ?
Gérard Masson. C’est la première fois qu’un syndicat s’intéresse aussi sincèrement à notre cause. Pour nous, qui sommes une toute petite fédération de 26000 licenciés, croiser la route d’une organisation de 800000 adhérents, ouvre de grandes possibilités! Nous souhaitons ainsi faire découvrir le handisport, et parvenir à toucher le maximum de personnes, parents et proches de personnes handicapées ou handicapées elles-mêmes, pour leur donner envie de rejoindre nos clubs. Que partout il puisse y avoir des mômes qui viennent nous voir et qui découvrent que pour eux aussi le sport c’est possible. Non pas pour devenir des sportifs de haut niveau, mais pour le plaisir de pratiquer. Et rompre l’isolement dans lequel les personnes handicapées sont souvent enfermées. Le sport est un moyen d’intégration. 

Comment le sport peut-il jouer ce rôle ?
G.M. Le sport, ce n’est pas Lourdes, bien entendu! Mais il peut donner à chacun, y compris pour les personnes lourdement handicapées, l’occasion de se dépasser, voire de se transcender, en tout cas de réussir quelque chose qu’elles ne se pensaient pas capables de faire au départ. Avec le handisport, même une personne à qui il ne reste qu’un peu de souffle, on peut lui proposer de faire de la sarbacane ou de la boccia (sorte de pétanque jouée en intérieur, pour des personnes en fauteuil, NDLR). Et quand la personne réussit, cela change tout! La pratique d’un sport permet aussi de sortir de son statut «de personne handicapée» pour accéder à celui de «citoyen»: moi qui suis en fauteuil quand je me balade en «handbike» l’été sur l’Ile-de-Ré, je rencontre des gens, j’échange… bref, cela contribue aussi à faire tomber les barrières. Plus on arrivera à créer des occasions de rencontre entre handicapés et valides, et mieux on se portera, tous! Je suis persuadé que tout valide qui a assisté ou participé à un match de rugby ou de foot en fauteuil ne voit plus le handicap ni la personne handicapée de la même manière. 

Par quelles actions concrètes ce partenariat va-t-il se traduire ?
F.C. Nous souhaitons contribuer à donner de la visibilité aux jeux paralympiques et sensibiliser à cette occasion nos équipes et nos adhérents à la question du handicap et du handisport. Nous allons aussi demander à nos structures de s’impliquer dans la réussite de la grande tombola nationale qu’organise Handisport pour soutenir l’équipe de France et financer leur préparation. En incitant par exemple les comités d’entreprise à relayer l’opération et à acheter des carnets.

 

Propos recueillis par E.P.

Handisport

Tombola nationale
Bons de commande à télécharger et à renvoyer à Handisport, Gil Mardel,
42, rue Louis-Lumière,
75020 Paris.