[Entretien] “Avec le Pacte du pouvoir de vivre, un nouveau rapport de force est né”

Publié le 01/07/2019

Le 5 mars dernier, 19 organisations se réunissaient dans une alliance inédite pour signer un Pacte du pouvoir de vivre : 66 revendications concrètes afin de faire face à l’urgence sociale, climatique et économique. Quatre mois après, où en est-on ? Réponse avec Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT.

Le Pacte du pouvoir de vivre a été lancé début mars. Quel en était l’objectif ?

Face à l’urgence de concilier transition écologique et justice sociale, la CFDT a décidé de travailler avec ceux qui partagent ses valeurs, beaucoup de ses revendications et surtout qui ont envie d’agir ! Pour la première fois, avec 18 autres organisations issues du monde syndical, associatif ou mutualiste, nous avons créé cette alliance inédite pour interpeller les décideurs et proposer, par-delà le cadre syndical, une réponse organisée de la société civile à la crise que nous traversons. Nous nous sommes mis d’accord sur 66 revendications – le Pacte du pouvoir de vivre – afin de lutter simultanément contre le dérèglement climatique, pour l’amélioration du quotidien des citoyens, remettre l’exigence de solidarité et d’égalité au sein de l’économie et construire une société plus juste. 

Trois mois plus tard, le pari d’installer cette nouvelle alliance dans le paysage politique est gagné : le pacte est aujourd’hui soutenu par 45  organisations. Quels résultats avez-vous déjà obtenus ?

Les résultats se mesureront sur des périodes plus longues mais le pacte a déjà permis d’inscrire concrètement la question de la rénovation énergétique des logements à l’agenda des mobilisations territoriales.

Par ailleurs, nous avons noté l’inflexion du discours du président de la République et du Premier ministre sur les questions relatives à l’environnement, à la justice sociale et à la démocratie, avec une volonté de changer de méthode, concerter davantage. Désormais, il nous faut des actes !

Lors d’une conférence de presse, le 17 juin dernier, nous avons présenté huit mesures concrètes que le gouvernement doit adopter immédiatement. Elles concernent, entre autres, le logement, les minima sociaux, la lutte contre la pauvreté, le grand âge… Certaines devront se traduire dans le projet de loi de finances, qui se discute en ce moment et dont les arbitrages seront connus cet été, d’autres sont applicables tout de suite, pour l’accueil des migrants notamment. Même si nous ne pouvons pas laisser aux générations futures une dette financière trop lourde, l’État doit consentir davantage d’investissements dans l’écologie, au risque de leur laisser une planète invivable. C’est maintenant qu’il faut agir pour éviter l’irréversible.

Quelles actions les associations signataires du pacte envisagent-elles dans les mois à venir ?

Dès cet été, un Observatoire du pacte sera sur pied afin d’analyser l’impact des décisions politiques nationales sur la vie des gens. À partir de septembre, nous lancerons un « tour de France du Pacte du pouvoir de vivre » en allant dans chaque région à la rencontre des citoyens et des militants de nos structures. Et, pourquoi pas, aussi s’adresser aux élus locaux et aux candidats aux municipales avec des pactes territoriaux reprenant les projets locaux devant faire l’objet d’engagements prioritaires ? Il faut pérenniser ce nouveau rapport de force, dépasser la contestation pour construire des alternatives.

Retrouvez l’actualité du pacte sur www.pactedupouvoirdevivre.fr

Propos recueillis par cnillus@cfdt.fr

©Photo Anne Bruel InfoCom/CFDT