[Dossier 2/2 Les femmes à la CFDT] “Je fais plus d’heures mais je suis épanouie”

Publié le 25/11/2019

Salima Lamin
38 ans – Déléguée syndicale à La Poste

Salima Hachemi Emmanuelle marchadourJeune factrice, mère de trois enfants, Salima Lamin a été élue déléguée d’établissement à La Poste en Seine-Saint-Denis, en 2013. Elle était membre du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Depuis trois ans, Salima est détachée à plein temps dans les Hauts-de-Seine et membre du bureau du Syndicat F3C. Elle coordonne l’action syndicale de quatre militants – des hommes donc – au sein de sa section.

Elle est aussi l’aînée de quatre enfants et la seule fille dans une famille où les femmes ont eu toute leur place. «J’ai toujours eu le droit de m’exprimer enfant et j’ai gardé cette liberté de parole !» Cerise sur le gâteau : un mari compréhensif qui, la voyant épanouie, l’encourage dans ses fonctions militantes. Du coup, la conciliation des temps de vie n’est pas vraiment un sujet épineux, même avec les horaires de son mari, conducteur de tramway à la RATP. «Nous sommes très organisés», reconnaît-elle, tout en avouant que c’est un frein pour d’autres militantes qu’elle côtoie : «Ce n’est pas la prise de responsabilités qui les effraie mais leur manque de disponibilité», constate-t-elle. «Je dois admettre qu’il n’y a pas vraiment de pauses. Les salariés appellent le plus souvent en dehors des heures de bureau… Il faut savoir détecter les urgences mais, de toute façon, il faut être là pour les rassurer…».

De formation en formation, Salima a pris de l’assurance. Elle ne s’est jamais sentie seule dans l’exercice de son mandat et plutôt « bien accompagnée » par son syndicat. La place des femmes est pour elle un problème sociétal, d’autant plus qu’elle affirme évoluer dans une entreprise « encore très machiste ». « Notre vivier de militantes est trop restreint. Nous ne sommes pas nombreuses en tant qu’élues. » Dans l’exercice de son mandat syndical, Salima dit ne pas pâtir de ce manque de mixité.


Elle y voit même un gage de ses compétences. «En me confiant des responsabilités, la CFDT m’a donné une chance incroyable de me former à des sujets très divers, je suis très épanouie ! J’ai trouvé ma place.»

cnillus@cfdt.fr

©Emmanuelle Marchadour