Services aux particuliers : le social en progrès

Publié le 03/06/2013
Le secteur des services à la personne est en plein boum. En 2004, il employait un peu plus de 1,250 million de personnes, en 2011, près de 1,750 million. Même si la crise est passée par là, elle a ralenti l’activité des salariés employés directement par des particuliers. En revanche, les activités des organismes prestataires du secteur, associations et entreprises privées, n’ont pas fléchi au contraire.

Si l’on se réjouit du dynamisme de ce secteur (chez 02, 3e employeur privé du secteur, dont le siège est au Mans et qui emploie 8 200 salariés, la progression des effectifs a été de 15 % en 2012 et devrait osciller entre 15 et 20 % cette année, selon son DRH, Jean-François Auclair), tout n’y est pas rose. Précarité, faiblesses des salaires, peu de couverture sociale, contrats de travail très courts, image des métiers dégradée, résultat : le turn over y est très élevé. Dans le courant de l’année, O2 va recruter environ 4000 personnes dont 1 500 emplois nets créés mais aussi 2500 départs ! Sandrine Papot, déléguée syndicale CFDT de l’entreprise, n’est pas surprise. « Il y a beaucoup de choses à cadrer et à négocier », constate-t-elle. Pour la syndicaliste chez O2, les principales difficultés résident dans les contrats courts (jusqu’à 8 heures par mois), les temps de transport et la disparité de traitement des salariés selon les agences.

La mise en place très récente d’un Comité d’entreprise chez 02 devrait permettre à la section CFDT très majoritaire (70 % des voix aux dernières élections) de faire entendre ses revendications. Dans ce secteur où tout est neuf, y compris les entreprises, le dialogue social est lui aussi en rodage. « On est écouté, affirme Sandrine Papot, mais pas toujours entendu ». Pour sa part, l’entreprise tente de rendre ses métiers plus attractifs. Une campagne de communication interne valorise les métiers de l’entreprise : aide ménagère, aide aux seniors, garde d’enfants, jardiniers. Des formations sont également mises en place. « Nous proposons des CDI, une mutuelle, un téléphone portable pour chaque salarié », ajoute le DRH. L’installation d’un Comité d’entreprise constitue également un argument pour attirer des salariés. Ce que confirme la déléguée CFDT, « les salariés attendent beaucoup des activités sociales et culturelles du CE, mais pour l’instant, son budget est encore très faible ».

Au plan national, la Fédération des services CFDT a signé une convention collective réglementant le secteur. Elle devrait permettre des améliorations substantielles des conditions de travail. Surtout, la Fédération a obtenu que soient exclus de cette convention les contrats de 8 heures que réclamait la partie patronale. Pour l’instant, cette convention collective n’est toujours pas étendue et donc pas opposable.

dblain@cfdt.fr