Campagne saisonniers : Vent nouveau en Vendée

Publié le 23/07/2018

Pour les militants CFDT, les enjeux de la campagne estivale vendéenne sont à la hauteur du nombre de travailleurs saisonniers sur ce littoral très touristique. Au moment de la crise, la Côte de Lumière a attiré une main-d’œuvre importante. Aujourd’hui, la situation a changé et s’est améliorée. Mais la vigilance reste de mise pour ces travailleurs qui sont pour la plupart de jeunes étudiants.

Ils étaient une bonne dizaine de militants des fédérations des services, d’interco, de l’agroalimentaire, de la chimie ou de la construction à se retrouver le 19 juillet à Saint-Hilaire-de- Riez, en Vendée, pour ce moment phare qu’est la campagne saisonniers dans ce département.

Organisés autour de Patrick Thomas, le responsable de la campagne pour l’Union départementale, trois groupes accompagnés de Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT, sont partis à la rencontre des saisonniers, nombreux sur cette très touristique Côte de Lumière.

Grande nouveauté cette année, l’application pour smartphone « Ma saison » a été créée afin d’aider les jeunes, ou moins jeunes, connectés à obtenir des réponses sur leurs droits au travail, à portée de main. Répondant parfaitement aux besoins des salariés saisonniers, selon les retours de terrain de Stéphane Tellier, permanent fédéral régional des services, l’appli connaît également un grand succès : « Les premiers retours sur l’application sont très bons », confirme Patrick Thomas

Informer les étudiants avant l’été

Si l’application répond à de nombreuses questions, le travail des militants ne s’en voit pas diminué, au contraire. D’ailleurs, les équipes CFDT n’ont pas attendu les bras croisés que les jeunes soient en poste pour les rencontrer « On est intervenus très en amont, dès février, auprès des étudiants à la Roche-sur-Yon et à Nantes », explique Stéphane Tellier.  Ainsi ils ont pu être informés de leurs droits avant de signer leur contrat. Par exemple, un saisonnier doit penser à demander à son futur employeur un justificatif d’embauche daté afin que l'employeur ne repousse la date d’embauche au prétexte que le beau temps n’est pas au rendez-vous.

Patrick Thomas qui en est à sa sixième campagne saisonniers est aussi conseiller prud’homme et, selon lui, le nombre d’affaires jugées au tribunal diminue. Un signe que la situation s’améliore. La présence syndicale n’est pas étrangère à ce résultat. Malgré tout, des situations imparfaites, voire conflictuelles et illégales, il en reste.

 

Des difficultés de recrutement pour les « mauvais » employeurs

Les problèmes sont rares avec les employeurs qui restent sur place à l’année, « en revanche, ceux qui viennent pour les trois mois d’été et louent un pas de porte à un loyer exorbitant hésitent moins à enfreindre les règles », constate le syndicaliste. Il cite le cas d’un gros employeur du département (300 postes saisonniers dans un parc de loisirs). Ce dernier se plaint d’avoir des difficultés à recruter mais est prompt à insulter les jeunes qu’il qualifie pour la plupart de « fainéants ». Et ce n’est pas tout, selon Patrick à qui ces propos ont été rapportés : « Dans cette boîte, il y a des dérapages sur les heures de travail, et la convention collective n’est pas toujours respectée. À l’heure des réseaux sociaux, les informations circulent vite entre les jeunes et les mauvaises réputations sont difficiles à défaire. Qu’il s’interroge sur les conditions de travail et les choses s’arrangeront sûrement ! »

À l’inverse, les employeurs sérieux et respectueux des règles croulent sous les candidatures. C’est le cas notamment dans la grande distribution du département où les employeurs « sont obligés de faire des tests dès le mois de mars pour sélectionner leurs saisonniers. Comme quoi… », commente Patrick.

Alors que la Vendée avait été touchée de plein fouet par la crise, son taux d’emploi est aujourd’hui supérieur à la moyenne nationale. « Il y a cinq ou six ans, des chômeurs, des salariés venus d’autres départements occupaient des postes saisonniers. Ce n’est plus le cas. Cette population a retrouvé du travail. Les postes saisonniers sont à nouveau occupés par des étudiants. Cela devrait tirer les conditions de travail vers le haut »espère Patrick Thomas.

dblain@cfdt.fr

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