Campagne saisonniers : Et toujours le problème du logement

Publié le 30/08/2019

Pour cette 21e édition de la campagne saisonniers, des dizaines de militants se sont une nouvelle fois mobilisés pour aller à la rencontre des salariés. Leurs préoccupations portent sur le logement, les salaires… et le chômage.

« Le logement reste le problème no 1 des saisonniers, commence Inès Minin, la secrétaire nationale qui pilote ce dossier et a suivi de nombreuses équipes militantes au cours de l’été. Les employeurs se plaignent, arguant qu’ils ont des difficultés à recruter mais sans proposer des logements décents aux saisonniers. Tant que les acteurs locaux ne régleront pas cette question sur leur territoire, les difficultés de recrutement perdureront. »

C’est le cas en Corse, où l’équipe CFDT a effectué deux étapes, l’une à Saint-Florent et l’autre à Bonifacio. Selon Marie-Josée Salvatori, secrétaire générale de l’Union régionale interprofessionnelle (URI) de Corse, « la situation est contrastée. D’un côté, les professionnels du tourisme signalent une baisse de la fréquentation et se plaignent de ne pouvoir recruter du personnel ; de l’autre côté, on trouve des structures qui n’ont pas de problèmes de recrutement. Ces dernières sont des entreprises où les cadences sont moins élevées, les jours de repos respectés, les salaires décents… »

Les saisonniers corses ont sensiblement les mêmes préoccupations qu’ailleurs : hébergement, salaire, heures supplémentaires, jours de repos, etc. Mais ils ont aussi évoqué leurs inquiétudes quant aux évolutions de l’assurance-chômage et notamment sur les six mois de cotisations nécessaires pour toucher les allocations. « Peu de structures emploient les saisonniers aussi longtemps », regrette Marie-Josée Salvatori.

Beaucoup d’intérêt pour l’application

À l’autre bout de la France, l’URI des Hauts-de-France mène sa campagne depuis une vingtaine d’années auprès des saisonniers du Touquet, de Zuydcoote, Malo-les-Bains, Berck, Fort-Mahon, Boulogne-sur-Mer, Calais, etc. L’itinéraire est balisé et les militants sont rodés à la prise de contact, que ce soit avec les saisonniers ou leurs employeurs. « À force, ils nous reconnaissent, ils savent que la CFDT passe faire sa tournée, s’amuse Marcel Aucoin, le responsable de l’URI. Un restaurateur du Touquet est même venu nous demander le nombre d’heures de travail à ne pas dépasser pour un employé mineur. » Sauf exception, les employeurs sont plutôt dans les clous. Depuis l’an dernier, l’Uri profite de l’occasion pour mieux cibler les attentes des saisonniers en fonction des profils. « Sur les 350 répondants, nous avons une majorité de salariés jeunes, de femmes, d’étudiants qui travaillent l’été afin de financer leurs études, 16 % de demandeurs d’emploi, indique Marcel. Et 46% d’entre eux faisaient leur première saison. » Pour cela, ils s’appuient sur l’application« Ma saison ». Très pratique, elle permet d’apporter immédiatement les premières réponses à leurs questions sur le temps de travail ou le droit à la formation. 

Même constat établi par Christophe Rondel, le secrétaire de l’Union départementale des Côtes-d’Armor, qui a sillonné en juillet les stations balnéaires de Saint-Quay-Portrieux, Binic, Étables-sur-Mer, Pléneuf-Val-André : « Des saisonniers sont venus spontanément nous voir, ils étaient intéressés par l’appli. » Ces actions de terrain sont aussi l’occasion de repérer les lieux stratégiques encore inexplorés. Ainsi, le port d’Erquy, dont l’activité touristique génère beaucoup d’emplois saisonniers, sera au programme de la campagne de l’été prochain.

mneltchaninoff@cfdt.fr et dblain@cfdt.fr