Retraites complémentaires, la négociation est lancée

Publié le 26/11/2012

La première séance de négociation sur les retraites complémentaires s'est déroulée le 22 novembre. Le patronat a présenté une série de mesures conservatoires jugées déséquilibrées par la CFDT. La prochaine séance est fixée au 14 décembre.

La dégradation de la situation financière des régimes de retraite complémentaire des salariés du privé (Arrco et Agirc) a conduit les organisations syndicales de salariés et le patronat à entamer une négociation afin de se mettre d’accord sur des mesures à prendre à court et à moyen termes. La crise économique a en effet totalement bouleversé les projections sur lesquelles les partenaires sociaux s’appuyaient jusqu’à présent. Si aucune mesure n’était prise, les réserves financières de l’Agirc (cadres) seraient épuisées entre 2016 et 2018, et celles de l’Arrco entre 2020 et 2022. « Face à cette situation financière nouvelle, nous devons prendre des décisions qui permettront de repousser ces échéances, souligne le secrétaire national Jean-Louis Malys. Tout l’enjeu de la négociation est de décider collectivement des efforts à fournir. Selon la CFDT, l’accent devra être mis sur la justice sociale en adoptant des mesures qui protègent les salariés et les retraités les plus modestes. »

Conscients des difficultés de l’exercice, les partenaires sociaux se sont donné jusqu’à la fin du mois de mars 2013 afin d’aboutir à un premier accord sur des mesures conservatoires (la valeur du point est fixée le 1er avril). Un travail de plus longue haleine doit être engagé pour déterminer des mesures plus structurelles. « Cette négociation sera difficile. Elle doit à la fois permettre d’améliorer la situation financière des régimes, mais aussi de décider de mesures structurelles, renchérit Jean-Louis Malys. Ce n’est qu’en prenant le problème dans sa globalité que l’on pourra avancer. Nous pensons notamment qu’il est nécessaire de faire converger les règles entre les régimes Arrco et Agirc afin de rendre l’ensemble plus juste et plus lisible pour les futures générations. »

Les mesures du patronat à côté de la plaque

Lors de la première séance de négociation, qui s’est donc déroulée le 22 novembre, le patronat a présenté une série de mesures conservatoires  qui permettraient de dégager, selon son calcul, 5,67 milliards d’euros à l’horizon 2017. Ces propositions ont été largement critiquées par les organisations syndicales. La CFDT les juge particulièrement déséquilibrées et injustes. « Il ne s’agit que de mesures purement financières qui non seulement ne protègent pas les retraités les plus modestes, mais ne s’inscrivent pas dans une réforme de fond », résume Jean-Louis Malys.