Prise en charge de la perte d'autonomie, un choix de société digne et ambitieux

Publié le 22/02/2011 à 00H00 (mis à jour le 23/02/2011 à 17H43)
Permettre aux individus victimes d'une maladie ou d'un handicap de rester autonomes le plus longtemps possible est un objectif sur lequel la CFDT travaille depuis longtemps. Véronique Descacq, secrétaire nationale en charge du dossier nous en dit plus.

Prise en charge de la perte d'autonomie, un choix de société digne et ambitieux
Prise en charge de la perte d'autonomie, un choix de société digne et ambitieux
Permettre aux individus victimes d'une maladie ou d'un handicap de rester autonomes le plus longtemps possible est un objectif sur lequel la CFDT travaille depuis longtemps. Véronique Descacq, secrétaire nationale en charge du dossier nous en dit plus.

Quelle est la position de la CFDT sur la prise en charge de la perte d’autonomie ?

La CFDT considère que la prise en charge de la perte d’autonomie doit être universelle, c’est-à-dire dépasser les barrières d’âge et trouver un mode de financement très large, qui ne repose pas uniquement sur les seuls revenus du travail. Ce choix de société se fonde sur la solidarité entre personnes bien portantes et personnes handicapées, sur la solidarité intergénérationnelle et la solidarité de revenus et de patrimoine. Ce choix de société se décline dans beaucoup de domaines de notre vie quotidienne. La charge financière et matérielle pèse aujourd’hui trop lourdement sur les familles, particulièrement sur les femmes, pénalise leur parcours professionnel et entrave leur autonomie.

Il est urgent, tant pour les salariés que pour la qualité de l’accompagnement des personnes, de qualifier et de revaloriser les métiers liés à la perte d’autonomie, dans le domaine des soins mais également dans de nombreux champs des services à la personne. En effet,la mobilité géographique, les recompositions familiales n’interdisent pas mais compliquent la prise en charge par la solidarité familiale, qui doit être soutenue par l’intervention d’acteurs professionnels.

Ce doit avoir un coût ?

Oui, mais il n’y a pas lieu de le dramatiser, comme on le constate souvent, sur le mode compassionnel ( « ces pauvres vieux majoritairement impotents » ) ou financier ( « ça coûte cher et les caisses sont vides » ).

Rappelons-le, la durée de vie augmente, et la durée de vie sans handicap aussi ! La proportion de personnes âgées dans la population globale va croître, soit. Mais ce phénomène, qui pose de sérieux problèmes de financement pour la branche maladie de la Sécurité sociale et pour la retraite, n’est pas du tout de même nature que la dépendance.

Pourquoi ?

D’abord parce même s’il croît avec l’âge, le nombre de personnes dépendantes n’est jamais majoritaire dans une classe d’âge : 7 % des plus de 60 ans, 45 % des plus de 90 ans. Ensuite parce qu’une prévention peu coûteuse a des effets notables sur la non-survenance de la dépendance : adopter une meilleure alimentation, conserver une activité physique et intellectuelle, prévenir les accidents domestiques… Et des solutions concrètes sont à notre portée, certaines dans l’entreprise elle-même : éducation sanitaire et alimentaire, préparation à une retraite active, consultation médicale à la cessation d’activité, etc.

Certes, des incertitudes demeurent, en particulier sur les progrès médicaux à venir. Ce qui est certain, c’est que l’effort financier à faire pour prendre en charge la perte d’autonomie des personnes âgées n’est pas de nature à remettre en cause les équilibres budgétaires, et la CFDT a des propositions réalistes sur les pistes de financement et ambitieuses pour prendre en charge dignement cette question de société.